Sélectives indignations
Nous partageons votre colère. Comment supporter sans un sentiment sinon de haine, du moins de révolte, la situation néocolonialiste faite à ce peuple martyr ? Les récents événements rappellent à chacun son devoir de solidarité : ce peuple ne doit pas faire parti des oubliés de l'Histoire, bien que la communauté internationale le mène en bateau depuis bien trop longtemps. Nous devons faire assaut de protestation. Encore heureux que les médias nous réveillent de temps à autre, nous les repus de démocratie, quand ceux qui les maltraitent montrent leur vrai visage. Ils faut les isoler sur la scène internationale et exiger de nos dirigeants des décisions effectives contre cette injustice qui n'a que trop duré. En effet, les Kurdes sont un peuple d'origine indo-européenne, comptant environ entre 25 et 37 millions de personnes, vivant surtout en Turquie, en Irak, en Iran et en Syrie, dans ce qui est appelé le Kurdistan. Quatre pays se partagent donc le territoire (occupé) de la nation kurde qui forme, depuis l'Antiquité, un peuple à part. Un de leurs chef a magnifiquement écrit un jour qu'il "s'était toujours fait une certaine idée du Kurdistan". Les Kurdes, divisés, prennent les armes contre les Etats qui veulent les réduire, ils rêvent de leur souveraineté depuis beau temps, en vain. D'où la tentation du terrorisme, une voie sans issue, bien sûr. Des manifestations en tout genre s'organisent spontanément ces jours-ci pour soutenir leur cause. Il nous faudra en être, à l'image des centaines de milliers de citoyens qui présentement, de part le monde, battent le pavé pour hurler leur dégoût. Il faut faire tomber les murs, briser le blocus de l'intolérance, et, trop souvent, de l'indifférence. Cinq kurdes, dont une femme, ont été pendues dans la prison d'Evin en Iran en mai 2010. Le motif de cette pendaison : les condamnés étaient des "ennemis de Dieu". Revoir le film à nul autre pareil, Kilomètre zéro (2005), de Hiner Saleem. En reparler. Ne pas oublier le peuple palestinien et revoir aussi l'indispensable Noces en Galilée (Urs al-jalil) de Michel Khleifi (1987). Bien à vous. Comme disait l'autre, on a toujours raison de se révolter.
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