Fauda, saison 5 : œil pour œil.

Publié le par O.facquet

La saison 5 de: ( FAUDA ) C'est disponible sur Netflix .

"La haine est la tristesse, accompagnée de l'idée d'une cause extérieure"

Spinoza

 

Caran d'Ache, nom de plume d'Emmanuel Poiré, né le novembre 1858 à Moscou et mort le 25 février 1909 à Paris, est un dessinateur humoristique et caricaturiste français. Un des ses dessins les plus notoires, Un dîner en Famille, est le raccourci qu'il fit, le 14 février 1898, dans les colonnes du Figaro, d'une querelle familiale concernant l'affaire Dreyfus, pour illustrer la profonde division de la société française à ce sujet à la fin du XIXe siècle, à l'orée du suivant. Une affaire qui divisa tout autant des amitiés jusque-là inoxydables, des collègues de travail jusqu'à présent soudés à la vie à la mort, des amants qu'on croyait inséparables, un voisinage jusqu'alors d'une solidarité à toute épreuve.

 

A REFLECTION ON CARAN D'ACHE'S 'UN DINER EN FAMILLE' – Intellectuals and  the Media in France

 

Fauda" : l'ultime saison au cœur du traumatisme du 7 octobre – franceinfo

 

Aujourd'hui, si l'envie vous en prend de mettre de l'ambiance dans une soirée d'une monotonie sans nom, évoquer le conflit israélo-palestinien, il suffira de quelques secondes pour redonner des couleurs à un dîner sans saveur. Remarquons que les Juifs sont de nouveau au cœur de la polémique roborative. Laissons aux historiens et autres sociologues d'y trouver (ou pas) un lien.

 

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A ce propos, les réactions plutôt tièdes qui accompagnent la sortie récente de la cinquième saison de la série israélienne Fauda (chaos en arabe littéraire) ne laissent pas de surprendre, voire d'inquiéter. Les controverses en effet mettent du temps cette fois-ci à se concrétiser.

 

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Diffusée dans le monde depuis 2015, la série israélienne tourne autour de l'unité de forces spéciales de l'armée de défense d'Israël Mista'arvirm (ceux qui passent pour des Arabes en Hébreu), rattachée au Shin Bet (Service de sécurité générale), dont les membres sont spécifiquement formés à se fondre dans la population arabe, en Israël même, à Gaza et dans les territoires occupés, principalement. Le Mossad (« institut » en hébreu), tant redouté, est un service de renseignement israélien chargé du renseignement extérieur et des opérations spéciales en dehors des frontières de l'État d'Israël.

 

Le tournage de la cinquième saison de "Fauda" va commencer - The Times of  Israël

 

Ce qui sera dit et écrit ici se veut clinique et factuel autant que faire se peut. Voir la famille, les amis, les collègues ou les voisins pour une querelle mémorable, des controverses souvent vaines. Ce ne devrait pas être trop difficile à dénicher par les temps qui courent.

 

Saison 5 de Fauda (2026) | Télé-Loisirs

 

Le récit se déroule deux ans après les massacres terroristes du 7 octobre 2023. Un ancien membre du Shin Bet, Doron Kavollio, s'est retiré avec sa femme dans une ferme isolée où il élève désormais des chevaux, dans le but de se reconstruire. Tout bascule quand un ancien collègue et ami, Eli (Jacob Zada-Daniel), pense avoir retrouver la trace des assassins de sa famille (sa femme et ses enfants sont morts dan un kibboutz le 7 octobre), qui se cacheraient à Marseille sous une fausse identité, l'un serait devenu restaurateur, d'autres dirigeraient un centre culturel soi-disant philanthropique dans la cité phocéenne. Eli, accompagné de Salem, un père bédouin musulman allié d'Israël, dont le fils a été froidement abattu également ce 7 octobre, partent en France afin de se faire justice eux-mêmes. Doron (Lior Raz), vulnérable depuis le 7 octobre 2023, les rejoint pour éviter qu'une vengeance mal encadrée tourne au désastre. Steve Pinto (Doron Ben-David) vient arrive de Londres pour prêter un coup de main à Eli.

 

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Doron se retrouve entraîné dans une opération clandestine, sous l'égide du capitaine Gabi Ayub (Itzik Cohen), qui va rapidement dépasser le simple règlement de comptes et mettre au jour une opération terroriste du Hamas Le Jour du souvenir des morts du terrorisme à Jérusalem, qu'il va falloir déjouer afin d'éviter un bain de sang. Les épisodes à Marseille sont boursouflés, les acteurs surjouent leur personnage respectif, d'où une certaine déception, Fauda paraît se parodier. Le retour au Moyen-Orient permet à Fauda saison 5 de redevenir dans sa structure formelle l'immense fiction qu'elle fut les saisons précédentes, un équilibre parfait entre l'émotion et le spectaculaire, malgré les réserves éthiques qu'elle suscite.

 

Post-trauma marked in red of blood vengeance: In 'Fauda' season 5 the wound  is bigger

 

A l'instar du film Munich de Steven Spielberg en 2005, la saison 5 tourne autour du thème de la vengeance (« tha'r » en hébreu) et posent les questions suivantes : Jusqu'où peut-on aller pour se venger ? Est-ce que la vengeance met réellement fin au cycle infernal de la violence ? La vengeance est-elle parfois légitime ? Des interrogations qui occupent la dernière discussion qu'ont Doron et Anne (Mélanie Laurent, en souhaitant qu'aucun procès en sorcellerie ne lui sera intenté), épouse française d'un membre du Hamas qui a participé aux tueries du 7 octobre, ce qu'elle ignorait lors du mariage, d'où son souhait d'intégrer le groupe militaro-religieux pour venger son conjoint. Daron éliminera son mari (Maher, Amjad Bader) avant qu'elle ne fasse de même avec Eli (allégorie impitoyable de cette boucle mortifère).

 

Post-trauma marked in red of blood vengeance: In 'Fauda' season 5 the wound  is bigger

 

Anne sonde Daron à la toute fin du dernier épisode sur ses intentions, souhaite-t-il véritablement mettre un terme à cet engrenage de la violence ? Sa réponse est évasive. Il élude en fait la question. Il va bientôt assister aux obsèques d'un ami avec lequel il a lutté pendant des années. D'autant que l'opération a eu sur lui un effet cathartique, les images du carnage du 7 octobre, où il était présent, les armes à la main, tentant de sauver celui-ci ou celle-là, lui reviennent à la mémoire, comme un retour du refoulé.

 

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La série s'est souvent voulue impartiale, c'est son droit, bien sûr, or force est toutefois de constater que les Palestiniens jusqu'à la saison 4 sont généralement présentés, soit comme des bêtes féroces décérébrés, soit comme des collaborateurs consentants de l'État d'Israël et de ses services secrets. Les Palestiniennes, quant à elles, sont d'une épaisseur intellectuelle et humaines plus consistante (une forme de compensation ?). La saison 5 ne déroge pas à la règle, l'amplifie même au contraire, le 7 octobre 2023 est passé par là.

 

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La série règle au passage ses comptes avec l'Europe, la France en particulier, en faisant de Marseille une ville ouverte aux terroristes du Hamas, avec la collaboration de policiers hauts gradés et la cécité des politiques (ces séquences ont été tournés à Budapest en Hongrie, la sécurité des équipes n'étant pas assurée au cœur de La Perle de la Méditerranée). Eli demande à Doron ce qui pousse Anne à vivre avec un Palestinien, il répond : « la culpabilité coloniale ». Le ton est donné dès les premiers épisodes. Plus tard, Eli prend à parti un jeune français en route pour le djihad, pour la libération de la Palestine, du fleuve à la mer, au risque de dévoiler sa véritable identité. Daron calme Eli, en bon professionnel. Ce jeune français, incapable de passer correctement une épreuve d'intégration, sera éliminé froidement par le Hamas : une balle dans la tête. Un bon combattant résiste à la torture.

 

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Car si Fauda est une fiction de propagande (convaincre et utiliser des informations partielles en période de guerre) en l'honneur d'Israël et de ses services secrets, le portrait qu'elle dessine du Hamas est sans concession. La branche armée du mouvement islamiste ne vise pas uniquement les sionistes, mais également les Juifs en général -dans une voiture de luxe à Marseille, un dignitaire du Hamas simule un tire de pistolet avec sa main en forme de pistolet en direction d'une famille juive en promenade. Il fait montre d'une rare violence, d'une haine aveugle, d'une appétence pour la mort, rejette la démocratie occidentale et n'a que peu de considération pour les femmes, sans oublier une orthopraxie religieuse radicale. Les assauts sanglants sans pitié du 7 octobre sont filmés, dans les épisodes 7 et 8, avec un réalisme d'une cruelle atrocité. Rien n'est épargné au spectateur.

 

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En revanche, un point aveugle noircit le tableau : la fiction ne dit rien des bombardements israéliens sur la bande de Gaza, la mort de milliers de civils palestiniens, pris en otage entre leurs geôliers et Tsahal (Tsva Ha-Haganah le-Israël, l'armée de défense d'Israël). Pas de son, pas d'image. Anne le laisse entendre entre les mots et les images à Daron lors des adieux. Elle pointe du doigt une violence mutuelle interminable et meurtrière.

 

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Un cycle infernal qui s'auto-alimente infiniment. Doron est le symbole de ce cycle, plus il use de violence, plus il se détruit psychologiquement : le conflit intérieur n'est jamais apaisé (les mains pleines de sang qu'il a du mal à laver), là où Anne parcourt presque le chemin inverse. Fauda en fin de parcours équilibre donc quelque peu son propos, il était temps (la culpabilité collective est évoquée), bien qu'aucun Palestinien ne soit mis en scène favorablement, n'était un cuisinier au service d'Israël dans un camp du Hamas financé par l'Iran. Pas un mot de surcroît sur le gouvernement de l'État hébreu, ni sur sa responsabilité politique et militaire.

 

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Les scénaristes et réalisateurs de la série argueront du fait qu'ils travaillent au sujet d'un conflit dans lequel s'affrontent des récits antagonistes, des mises en récit au service d'une cause (le fameux storytelling), où personne ne fait œuvre de pédagogie, ni de nuance. Soit. C'est néanmoins un peu court. Nous savons bien entendu que la vérité est toujours la première victime d'une guerre (Hiram Johnson). Si l'on n'attend rien d'un groupe terroriste (le Hamas), une démocratie (Israël), bien qu'elle ait le droit et le devoir imprescriptibles de se défendre (de nombreuses femmes occupent des postes sensibles), une démocratie, donc, se devrait sans réserve de respecter scrupuleusement les droits humains, empêcher par exemple des meurtres injustifiables de Palestiniens en Cisjordanie.

Nous n'avons pas fini d'y revenir. Le cinéma comme la fiction sérielle. Shalom/salam.

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Fauda Saison 5 : Explication de la fin ! Qui est mort ? | Ayther

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Publié dans pickachu

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