La quête du con (le cas K, entre autres). Saison 1.

Publié le par O.facquet

Dominique Strauss-Kahn reste en prison, le récit de son audition sur  Twitter - Puremedias

 

 Yes we Kahn !

 

Si tous les salopards se trouvaient invariablement dans le

même camp, il y aurait beau temps que nous saurions à

quoi nous en tenir sur les fondements de la morale.

                                                     Jacques Perret

 

L'âge d'or de quelques chaînes privées de télévision n'est plus en France qu'un souvenir évanescent. Les audimats s'effondrent, seules les séries américaines font encore recette par chez nous. Investigations policières lugubres, endogamie professionnelle, la science au service de la vérité, plaidoiries lyriques lacrimales, forment un cocktail qui continue de séduire des millons de téléspectateurs en état de dépendance. Or quelques enquêtes (le marketing !) indiquent que le succès s'effrite, qu'une lassitude naissante semble poindre.

Alléluia ! Une chaîne américaine du câble vient de lancer sur le marché de la fiction télévisée une création originale (Big Epaule), plus dans la forme que dans le fond (Columbo s'en prenait déjà aux puissants). La bible reste la même, le procédé narratif innove.

Disons quelques mots des épisodes pilotes vus en début de semaine. La police de New York arrête le dirigeant français débonnaire d'une grande organisation internationale, au moment où il s'appprête à quitter les Etats-Unis (God bless this country) pour regagner la France par avion, home sweat home en s'envoyant en l'air. 

Il est accusé d'avoir abusé d'une femme de ménage (scène de, one more time) dans la chambre d'hotel où il résidait quelques heures plus tôt. La narration traditionnelle est totalement bousculée. L'ensemble est décousu, répétitif, souvent abscon, mais pourtant d'une force surprenante, d'un réalisme équilibré, ça marche du feu de Dieu (protège l'Amérique). On s'y croirait presque, comme disait l'autre (un mec sympa).

Journaux, débats télévisés ou radiophoniques houleux et/ou sérieux omniprésents, ici et outre-Atlantique, micros-trottoirs à répétition, flux de reportages. Les égouts sont ouverts. Tout le monde y va de sa petite histoire, histoire de se dire qu'on appartient à la grande, tout un chacun y va de son anecdote éclairante. 

Le dirigeant (présenté comme un érotomane notoire et encombrant -ce qui ne fait pas de lui ipso facto un violeur, attention !) démissionne de son poste, est exhibé en public par la police comme le commun des mortels, mal rasé, le visage émacié, les traits tirés -théâtralisation de la justice américaine. Quelques jours plus tard, devant le juge, il a repris du poil de la bête (Kahn a la pêche). Sa femme et sa fille, main dans la main, sont présentes à l'audience. Emotion. Il est entouré de policiers, sans menottes cette fois-ci. Son avocat se montre convainquant : son client, homme du consensus, va quitter sa prison new yorkaise pour une résidence surveillée, il a obtenu une liberté conditionnelle, avant un possible procès : Domi-nique Strauss-Kahn (c'est le nom du personnage) est inculpé par la justice américaine pour tentative de viol. Présomption d'innocence oblige, ses avocats, les meilleurs de la Côte Est, vont pouvoir s'échiner désormais à préparer sa défense, comme dans tout Etat de droit qui se respecte. 

L'accusatrice (la plaigante ?) est invisible pour le moment, des informations contradictoires  sont fournis à son sujet, nous restons sur notre faim. Les scénaristes cherchent à nous embrouiller, c'est sûr. Gageons qu'ils gardent cette jeune femme sous le coude pour bientôt, il faut du grain à moudre, tant les premiers épisodes ont rencontré des deux côtés de l'océan un franc succès. Les propos misogynes de quelques-uns mettent mal à l'aise cependant. Attendons le suite. 

Guéguerre franco-américaine : "Les Français ne cherchent pas à compatir avec la victime présumée" crient les Américains, "Vous faites fi de la présomption d'innocence" répond la majorité des Français, persuadée qu'un complot  ourdi par le FBI cherche à déstabiliser le futur Président de la République française (les sondages, chers amis). En France et aux Etats-Unis, sans avoir mis le nez dans le dossier, chacun brode son propre roman national. Les avis divergent. La série est devenue un sujet de conversation : symptome de sa réussite.

Pain béni pour les producteurs et autres réalisateurs américains : leur travail est sur orbite, il fait l'unanimité sur un point : partout on attend la suite la langue pendue (Jack, fermez-la). Onan en emporte le vent. Les épisodes pilotes n'étaient que des bittes d'amarrage. Quel avenir attend Domi-nique Strauss-Kahn ? En attendant la Porsche rit et il fait se tailler un costume. Une semaine folle dans le PAF (festival de Kahn).

Une droite dans le pif de beaucoup. Un ouf de soulagement pour TF1. L'audience, toujours l'audience.

La Conquête en Blu Ray : La Conquête - AlloCiné

Cherchez le politique, vous trouverez la femme (la flamme, de quoi se brûler les ailes). Sort cette semaine sur les écrans La Conquête de Xavier Durringer, film présenté hors compétition au Festival de Cannes. Le cinéaste et son scénariste Patrick Rotman accompagnent l'irrésistible ascension politique de Nicolas Sarkozy, devenu depuis notre Président de la République. Un film qui se tient. Qu'on aide à tenir. Sans plus. Dans ce domaine, nous avons encore à apprendre des Anglais et des Américains. Une mise en scène frileuse, convenue, des dialogues sortis des Guignols de l'Info, avec des répliques cultes connues de tous, un jeu d'acteurs stéréotypé, plan-plan et compassé. Et une erreur, c'est Dominique de Villepin, et non Nicolas Sarkozy, qui a osé le : "la France il faut savoir la prendre !"... On ne s'ennuie pas toutefois. Pourquoi ? De temps à autre le film décolle, quelques scènes parviennent à émouvoir, à sortir des clichés. Nicolas Sarkozy (génial Denis Podalydès), seul sur une scène de spectacle, prépare son prochain discours, il est filmé de dos, dans la pénombre, il lance avec ses trippes à une salle vide qu'il est le fils d'un émigré hongrois et le petit-fils d'un Juif grec, qu'en conséquence, la France est une idée universelle, une abstraction, qu'il faut l'aimer, donc, et défendre ses valeurs. Un moment de cinéma somme toute assez rare.

Xavier Durringer et Pattrick Rotman, tous deux de gauche, mettent en scène  un politique ambitieux, plus amoureux (fou) qu'arriviste par tous les moyens, comme le prouvent son désarroi lors du départ de sa femme (Florence Pernel, très bien), et leur traitement cinématographique de l'Affaire Peuclairestream. Il est normal de critiquer la politique menée par le Président depuis quatre ans, mais La Conquête atteste que l'antisarkozysme primaire est la maladie infantile du socialisme de notre temps.

 

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Publié dans pickachu

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