Des vérités qui démangent

Publié le par facquet

 

 

 

 

 

Par souci d’efficacité nous regrouperons tous les films qui suivent sous le nom d’altercinéma. Des films de Pierre Carles et Michael Moore, en passant par Super size me de Morgan Spurlock en 2004 et Mondovino de Jonathan Nossiter la même année, Fast food nation de Richard Linklater et Une vérité qui dérange de David Guggenheim en 2006, We feed the world d’Erwin Wagenhofer en 2007, jusqu’au Monde selon Mansanto (2008) de Marie-Monique Robin, et Solutions locales pour désordre global de Coline Serreau cette année, sans oublier Le cauchemar de Darwin de Hubert Sauper (2005), force est de constater que l’altercinéma est un commerce rentable, au développement plus que durable, par la fidélité de producteurs désintéressés, de distributeurs altruistes et d’un public conquis (ils ont la foi). Ils mènent ensemble une croisade contre l’axe du mal : la mondialisation et ses méfaits, dont la malbouffe et le réchauffement climatique sont des conséquences directes. Tous ces films ont en commun de souvent dénoncer de réels dangers, des injustices criantes, via, malheureusement, des procédés artistiques que la morale réprouve (les mêmes procédés mis en œuvre par le camp opposé sont automatiquement mis à l’index). En somme, ils nuisent souvent à la cause qu’ils sont censés défendre. Ils jouent personnels, sans égard pour les dégâts que leurs entourloupes (mensonges, affabulations, raccourcis, imprécisions, montages douteux, entre autres) occasionnent. Navrant. Michael Moore est le plus roublard de la bande, la gauche française l’idolâtre, John Kerry le déteste, Obama l’ignore, Nader l’écolo le méprise désormais, les jeunes Démocrates américains se souviennent encore des sommes substantielles que le réalisateur américain quémandait pendant la campagne présidentielle de 2004, pour prêcher seulement quelques minutes. Un grand menteur aussi : lire le très bon Michael Moore, au-delà du miroir, de Guy Millière, pas vraiment à gauche, mais honnête (le film de deux journalistes canadiens de gauche, Michael Moore, polémique système, de Debbie Melnyk et Rick Caine, vaut le détour, vraiment). Hubert  Sauper (Le Cauchemar de Darwin) ne prend pas plus de gants avec la vérité –c’est le moins qu’on puisse dire-, voir les enquêtes fouillées, entreprises par des journalistes de Charlie Hebdo dans les numéros 717 et 726 de l’hebdomadaire en 2006 (lire au passage Enquête sur le Cauchemar de Darwin de l’historien François Garçon, décoiffant). L’ensemble de ces films a principalement en commun d’être uniquement des procès à charge, la défense n’a jamais droit à la parole. D’où la suspicion qui pèse à présent sur une partie des productions de l’altercinéma. Enième tour de piste d’intégristes qui estiment détenir la vérité : inutile en conséquence de s’embarrasser avec ceux englués dans l’erreur. Jean-Paul Jaud, en 2008, avec son Nos enfants nous accuseront, apporte la preuve qu’il possible de défendre une cause sans dogmatisme. Comment se faire des amis… A la revoyure.

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Publié dans pickachu

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