Agence tous risques : porte à porte. L'Agence de George Nolfi.

Publié le par O.facquet

L'Agence en Blu Ray : L'Agence - AlloCiné

 

aux insurgés libyens, syriens, et à Jafar Panahi

Comme ça, à la diable, au débotté. Deux ou trois mots, entre deux portes, sur L'Agence (The Adjustment bureau, 2011) de George Nolfi, avec Matt Damon (David Norris), très bien, et Emily Blunt (Elise), irrésistible en amoureuse éplorée (belles scènes de danse moderne). L'Agence : pas vraiment un blockbuster US. Plutôt un film américain modeste de passage, venu sans prétention mettre au jour quelques-unes de nos angoisses, au risque d'enfoncer des portes ouvertes, ce que fait d'ailleurs L'Agence 1H47 durant, bien que le film décolle à plusieurs reprises avec talent (une énergie captivante, un montage bien chantourné, et une mise scène parfois astucieuse, sans oublier une direction d'acteurs irréprochable). En tout cas : rien de neuf sous le soleil, même si le film est une adaptation d'une oeuvre de Philip K.Dick, écrivain de génie de la science fiction, The Adjustment team

L'Agence" : les dimensions parallèles expliquées aux jeunes filles

Un homme politique new yorkais prend une raclée électorale mémorable, tombe amoureux dans des toilettes publiques, dans la foulée découvre que notre libre arbitre n'est qu'une illusion, un Plan ordonne la vie de chacun depuis toujours : une Agence et son vizir chapotent l'ensemble. Elle intervient dans les affaires humaines, s'immiscent dans l'intimité des uns et des autres, lorsque les circonstances l'exigent. Une chose chagrine David, au point de s'emporter : le Plan s'oppose à son idylle avec Elise, alors qu'ils s'aiment à la folie. Il l'a retrouvée par hasard dans un bus. Hors de question de lâcher l'affaire. Il parvient à ses fins. Bon plan. Une agence matrimoniale ? 

L'Agence" - Le fabuleux destin de Matt Damon

En somme, que dit entre autres le film ? La passion amoureuse demeure l'ultime aventure encore digne d'être vécue par l'homo occidentalus ; des portes s'ouvrent et se ferment à s'en étourdir, n'importe où, n'importe quand, et sur n'importe quoi, à tous les vents, bons ou mauvais : une allégorie du monde virtuel, horizon indépassable de notre temps, un espace hors sol anxiogène. La crainte d'une perte totale de repères s'esquisse ; la soif d'une reterritorialisation identitaire rance pointe son nez, une volonté d'enracinement dans le sol et le sang, sources de bien des dérives et déviances, solitude pathologique, neurasthénie, nouvelles formes d'addiction, voire xénophobie rampante, autant qu'une ouverture aux autres. Ce territoire sans frontières, ni murs, ni plafonds, est un terreau fécond propice aux thèses révisionnistes ou conspirationnistes, aux théories du complot, des délires qui prospèrent sur le Net, genre : nous sommes manipulés par des forces invisibles, on nous cache des choses ma bonne dame, il existe un protocole de dressage des pions que nous sommes devenus. Attention danger. Une bonne nouvelle toutefois : l'entêtement heureux des amoureux prouve que l'homos sapiens est irréductible à toute forme de planification définitive (le film est en fin de compte plus un apologue romantique qu'une oeuvre de science fiction). New York est en outre filmée d'une bien belle manière. Rien que pour cela, L'Agence vaut le détour. Bien à vous. 

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Publié dans pickachu

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