Affaire bête en cours

Publié le par facquet

Critique : À cinq heures de Paris, de Leonid Prudovsky - Critikat

   

 

Un quarteron d'intellectuels de gauche et autres saltimbanques progressistes ne sont sont jamais à court d'idées lorsqu'il s'agit de se rendre ridicule. Ici et ailleurs. Nous tairons les noms des susnommés, ce serait leur faire trop d'honneur. Les uns annulent leurs concerts en Israël, les autres appellent au boycott de festivals programmant des films de cinéastes de l'Etat hébreu. Depuis l'invasion de la bande de Gaza en janvier 2009 et le récent assaut meurtrier contre une flottille dite humanitaire le 31 mai 2010, le mouvement prend de l'ampleur. Le réseau français de cinémas Utopia a finalement renoncé à déprogrammer un film israélien (quoique l'affaire reste à bien des égards ténébreuse) : A cinq heures de Paris de Leonid Prudovsky, une comédie douce-amère. Les cinémas Les Studio à Tours l'ont donnée : une belle preuve d'intelligence, de tolérance et d'humanisme de la part de la commission de programmation de cette association. Passons.

 

A 5 heures de Paris" : la petite comédie romantique la plus contestée de  l'année

 

Nous ne sachons pas qu'une décision aussi radicale ait été prise à l'encontre de réalisateurs dont les gouvernements n'ont jamais eu la défense et le respect des droits de l'Homme comme objectifs prioritaires. Faut-il déprogrammer Einsenstein des cinémathèques parce qu'il fut cinéaste sous Staline ; tous les cinéastes chinois pour protester contre la politique tibétaine de cet Etat et les nombreuses exécutions publiques toujours en vigueur dans l'Empire du milieu ? Fallait boycotter Bob Dylan et Robert Altman lorsque les USA bombardaient au Napalm le Vietnam ? Y aurait-il une attitude plus absurde que de mettre au ban du monde cinématographique Jafar Pahani ou Abbas Kiarostami sous prétexte que Ahmadinejad est un fou furieux ? Les Etats-Unis devaient-ils refouler à la frontière Fritz Lang dans les années trente, ce dernier fuyant la folie nazie ? Sans parler de Emir Kusturica, un proche de Slobodan Milosevic, Palme d'or à cannes en 1995 avec Undergroung.

 

Le Fils adoptif de Aktan Arym Kubat (1998) - Unifrance

Cela ne viendrait à l'esprit de personne d'ignorer l'oeuvre du cinéaste kirghize Aktan Abdykalykov -Le fils adoptif en 1998 est un des plus beaux films sur l'enfance-, en raison du sort cruel réservé actuellement au Kirghizistan à certaines minorités. Chacun au contraire s'accorde à juste titre à penser que priver les artistes de leur moyen d'expression où que ce soit, c'est leur infliger une double peine, lorsqu'ils travaillent dans une dictature. Leur pays devient une prison (certains y croupissent), une forteresse obsidionale. Israël est un Etat démocratique, membre de l'ONU, ô combien critiquable, bien sûr (personne d'ailleurs ne s'en prive...). La liberté d'expression y est respectée. Jamais un Premier ministre israélien ne cherchera à faire censurer un film de l'insolent et talentueux Avi Mograbi, pourtant guère avare de critiques acerbes vis-à-vis de la politique de son pays à l'égard du peuple palestinien (l'inoubliable Pour un seul de mes deux yeux en 2005). La querelle sur le boycott artistique d'Israël est en conséquence suspecte. Pourquoi ce deux poids deux mesures ? Nous pensons ici que la réponse est comprise dans la question, ce qui nous glace. Comprenne qui voudra (nous ne nous lancerons pas aujourd'hui dans l'inextricable balançoire entre antisionisme et antisémitisme). Porter un tee-shirt flanqué de l'étoile de David, c'est au mieux prendre le risque de subir quelques insultes, au pire de se faire physiquement agresser.

 

Pour un seul de mes deux yeux en DVD : Avi Mograbi - Coffret - AlloCiné

 

Le CCPP (URSS) est tendance. L'Union soviétique fut, il est vrai, un parangon de démocratie, un siècle durant. Le goulag, Makhno ? Connais pas ! Che Guevara, le tortionnaire efficace de La Havanne, est devenu un produit de consommation courante. Comprenne qui pourra. Quoi qu'il en soit, nous attendons avec impatience le départ de M.Nétanyahu, la naissance d'un Etat palestinien viable et la reconnaissance de la sécurité d'Israël, seule nation désignée souvent à la vindicte internationale. Shalom/salam. Bien à  vous.

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Publié dans pickachu

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