Banzai !

Publié le par facquet

1941-copie-1.jpg    Nous ne ferons pas de publicité gratuite à un guide des films faisant autorité au sein de la cinéphilie scrupuleuse. Qu'on nous permette de bouder un peu. Voici 28 ans que 1941 (1979) se fait attendre. Introuvable et/ou invisible. Un des meilleurs Spielberg, pourtant. Voyez comme notre guide consciencieux l'assassine avec le sourire : "Le résultat, qui repose sur la méthode du marteau-pilon pour écraser une mouche, est cahotique en raison de l'absence d'un scénario structuré et de l'inégalité de l'inspiration comique". En gros : lourdingue, bâclé, le tout saupoudré d'un humour plutôt douteux. En voilà une ordonnance, et une sévère. Sans oublier le sacro-saint scénario. Ils nous fatiguent avec ça. C'est justement son absence qui fait le prix de 1941.
    Nous sommes à Los Angeles, Californie, décembre 1941. Quelques jours après l'attaque surprise sur Pearl Harbor. La côte ouest des Etats-Unis se prépare à un assaut des forces japonaises (un péril imaginaire...). Une comédie inspirée d'un authentique incident (un sous-marin japonais croise réellement à proximité des côtes, dégomme un parc d'attraction local, le prenant pour Hollywood -tout ce qui brille...). Bien des adjectifs peuvent être convoqués pour caractériser cette comédie à nulle autre pareille : burlesque, délirante, satirique, bouffonne, ironique (Bayrou), insolente, déjantée, etc. Disons que 1941 est un film survitaminé : imaginez les frères Marx dopés à l'EPEO.  Il offre une vision frénétique, voire hystérique, d'une société occidentale en temps de guerre. Un inconscient à ciel ouvert. D'où ce grand bazard enthousiasmant, mené tambour battant, définitivement dôle, souvent hilarant, un brin égrillard, parfois salace, nécessairement alogique, qu'aucun scénario au monde, aussi bétonné soit-il, n'aurait pu corseter. Moins ça manque de finesse, plus on en redemande ; ça part dans tous les sens, toujours sur la corde raide, le fil du rasoir ; 1941 tangue plus qu'à son tour de temps à autre, arrive tout de même à bon port. On saute de joie!
   Cette bouffonnerie faussement naïve (tout devient spectacle, même la guerre), n'épargne pas les travers passés ou présents de la société américaine. En ce sens 1941 est un film politique à sa façon (c'est, entre autres choses, un manifeste antiraciste), bien plus pertinent que les éructations militantes de M.Moore. L'interprétation est remarquable ; la distribution parle d'elle-même : Dan Ayckroyd, Ned Beatty, Lorraine Garry, Murray Hamilton, Christopher Lee, Toshiro Mifune, Warre Oates, Mickey Rourcke, Robert Stack, Nancy Allen... Du beau monde, en somme.
   L'insuccès injustifié de 1941 à sa sortie, fait qu'il mérite sans doute aujourd'hui une seconde chance. Merci au câble d'avoir ce mercredi 7 mars 2007 commencé le travail. La morale de cette histoire : se méfier des guides en général, des guides des films en particulier... of,
Publicité

Publié dans pickachu

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article