Un bon Lelouch sans équivoque
Fuir quelquefois les
cinémathèques et les inévitables chef-d'oeuvres du Septième Art (le mot patrimoine me donne de l'urticaire ; le cinéma est un art du présent), fureter dans
les rayons des grandes surfaces, repérer les étalages où sont entassés des monceaux de DVD presque donnés, tomber sur des films oubliés, leur redonner une seconde chance lors d'un visionnage
solitaire en franc-tireur, un samedi soir monacal, par exemple. Le Bon et Les Méchants de Claude Lelouch, au hasard, sorti en 1975, avec rien que du beau
monde : Marlène Jobert (belle et juste), Jacques Dutronc (t'es le meilleur), Bruno Cremer (égal à lui-même), Brigitte Fossey (je t'aime depuis toujours ! ), Jacques Villeret (quel acteur ! ),
Jean-Pierre Kalfon (parfait et plus encore), Serge Reggiani (pourquoi en rajouter...) ; la liste n'est exhaustive. Lelouch règle ses comptes avec la France veule des années noires de la
Seconde Guerre mondiale, entre autres. C'est plaisant, sobre et finement mené. Direction d'acteurs irréprochable et qui n'appartient qu'à lui (le phrasé des personnages, leur déplacement
particulier dans le cadre, dialogues susurrés). Il y a bien, oui, un style Lelouch (une légèreté feinte dans le montage et la mise en scène, qui ne nuit pas, loin de là, à la profondeur du propos)
; au risque d'agacer la cinéphilie consciencieuse, il peut donc être considéré comme un auteur à part entière (reconnaissons cependant le côté déconcertant de son cinéma ces dernières années...).
C'est à Planète Satourne, et c'est pas cher. Pub gratuite. Au passage, le renouveau du cinéma allemand est incontestable : La Vie des Autres, au cinéma Les Studio en février, 2 rue des Ursulines à Tours. Ceux qui ont la chance de l'avoir déjà vu en
parlent avec ferveur. Nous y serons. Biz. of,
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