La bêtise

Publié le par facquet

L'abbé Pierre est mort (paix à son âme). La France est en larmes : Jiminy Cricket s'en est allé (Libération titre en Une cette semaine : Saint. Domicile Fixe). Difficile toutefois de communier dans la même douleur, tant l'antisémitisme du vieux prêtre est avéré (et refoulé surtout...). Sur http://extremecentre.org, tout un chacun peut se faire une idée de la judéophobie du bonhomme (elle ne date pas d'hier !). Lire dans Le Monde 2 du week end dernier, la très belle lettre écrite par Bernard Kouchner à ce sujet le 30 avril 1996 (redécouvrir aussi le texte édifiant de Michel-Antoine Burnier et Cécile Roman, Le Secret de l'abbé Pierre (1996), aux Editions Mille et une nuits). Sur l'efficacité de son action, remarquons seulement que jamais tant de gens n'ont couché dehors (il n'y est pour rien, bien sûr). Un film plutôt honnête narre son courageux appel dénonçant le sort réservé aux mal logés et aux sans abri (l'humanitaire c'est bien, la politique également). Il est de Denis Amar ; l'abbé est joué par un Lambert Wilson qui en fait trop comme d'habitude. Le film s'intitule L'Hiver 54, L'abbé Pierre, il est de 1989, l'année du bicentenaire de la Révolution française. Amen. Dans la rubrique "Comment se faire des amis", quel cinéaste adroit tournera pour la télé, les mésaventures infernales du prof de philo Robert Redeker, poursuivis par les intégristes musulmans, menacé de mort, à la suite d'un article paru cet été dans le Figaro, sur l'Islam et Mahomet ? Il se fait diariste des vicissitudes d'un intellectuel engagé dans un livre poignant "Il faut tenter de vivre". Voltaire reviens, il sont toujours aussi fous !  Ceci n'ayant rien à voir avec cela (encore que...), deux mots, voire trois, sur ce film inclassable et dérangeant qu'est Black Book de Paul Verhoeven (Basic Instinct, Total Recall, entre autres) : on navigue entre L'As des As, La Grande Vadrouille et L'Armée des Ombres, mélange des genres inhabituel, sur lequel il faudra sans doute revenir. Tout comme est discutable le commerce amoureux qui lie une jeune femme juive néerlandaise et résistante à un officier de la SS revenu à de meilleurs sentiments. Tout le talent du réalisateur est de nous faire avaler la couleuvre avec une désarmante facilité. Gêne. La mise à mort sereine du traître laisse pareillement un goût amer, provoque un certain embarras (question de mise en scène, d'éthique, etc.). En reparler. of
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Publié dans pickachu

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