Diaboliques
"Je pense à vous" le dernier film de Pascal Bonitzer est remarquable. Il a pourtant tous les tics et les les tocs du film intello parisien post-nouvelle vague. Bonitzer dit s'en moquer. Il a
bien raison. Nous aussi. Le savoir faire de l'ancien rédacteur des Cahiers du Cinéma devenu cinéaste est incontestable. Clins d'oeil cinéphiliques discrets ;
psychanalyse en contrebande (laxatif et compulsion urinaire) ; mise en scène très soignée, voire théâtrale, mais fluide, aérée ; dialogues écrits, sans être verbeux ; direction d'acteurs (tous
bons) impeccable ; satire sociale implacable (en creux) ; la peinture encore et toujours (un nu splendide : Géraldine Pailhas -Diane- allongée, cadrée de dos, une Vénus au Miroir
contemporaine ; mon dieu...) ; un érotisme sage (saphisme et triolisme, tout de même ! ) ; un peu de comédie, un zest de fantastique, une pincée de tragédie. Tout à la fois ! Au vrai, "Je
pense à vous" est un film sur la méchanceté, la cruauté plutôt, et la perversité, dans un trop-plein de vide, comme on en voit peu (de ce type-là en tout cas). "L'intelligence est un charme fragile, mais puissant" a écrit récemment Philippe Lançon dans l'excellent quotidien Libération. La
formule va comme un gant au dernier opus de Bonitzer (l'avant dernier était lourdingue). A voir au cinéma Les Studio à Tours, ce mois-ci, 2 rue des Ursulines.
Un petit effort, allez... of
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