Queue de poisson
Souvenons-nous : le film Le Cauchemar de Darwin d'Hubert Sauper dénonçait la mondialisation et ses conséquences en Afrique, près du Lac Victoria, en Tanzanie. Allégorie ou mystification ?
Disons : une allégorie mystificatrice. Le film censé révéler un trafic monstrueux (du poisson contre des armes) a immédiatement accédé au statut de monument du cinéma documentaire (César,
Oscar, tout le tralala). L'historien François Garçon, dans un ouvrage récent, Enquête sur le Cauchemar de Darwin, apporte une vision hétérodoxe sur les incidences de la
globalisation dans cette région, plus complexe, moins cauchemardesque aussi. Le livre se veut une réflexion renouvelée sur la puissance de l'image, sa possible manipulation, alliée à une
réflexion politique et esthétique pertinente. Il agace déjà les altermondialistes (altertricheurs de chez Attac) : c'est bon signe ! Ne touchez pas à ma jouissance roborative de la misère du
monde, semblent-ils dire. Tant pis pour eux. Le risque avec ce type de films malhonnêtes, c'est qu'ils risquent de jeter le discrédit et la suspicion sur un genre cinématographique noble et
indispensable à bien des égards. Tous les moyens ne sont pas bons pour servir n'importe quelle cause supposée bonne (certaines le sont). of
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