Sensation

Publié le par facquet

                                                         SENSATION (L'Accord de N.Wadimoff)


Le 1er décembre 2003 est lancée l'Initiative de Genève, après deux ans de négociations secrètes. Des Israéliens et des Palestiniens proposent une solution "globale et définitive" au conflit qui les opposent depuis un demi siècle.
Nicolas Wadimoff, cinéaste indépendant, et Béatrice Guelpa, journaliste, suivent six signataires de l'Initiative, trois Palestiniens et trois Israéliens, qui ont choisi de se battre, chacun pour des motivations différentes, pour imposer la paix au Proche Orient. Une année durant. L'Accord raconte leur aventure.
Un énième film sur conflit surmédiatisé, s'entend-on déjà dire. Justement, parlons-en. N.Wadimoff se donne 1h30 pour traiter son sujet. Ce qui n'est pas de trop pour démonter les clichés les plus éculés sur le sujet, revenir sur quelques idées reçues encombrantes, complexifier quand la télévision exige son dû : des bons et des méchants, des archétypes, en lieu et place de personnages en situation. C'est l'expérience que vit Dror Sternschuss, un publicitaire de Tel Aviv, chargé de gérer le marketing de l'Initiative. Prince du  virtuel, le voilà désemparé devant un réel qui lui résiste. Il le reconnaît humblement à la toute fin du documentaire. Le film (comme les négociations) devient à cet égard un exercice de répérage topographique.  Un immense marchandage territorial. Une leçon de  géographie appliquée : ce champ pour vous, cette route pour nous.  Du concret, loin des "y'a qu'à/faut qu'on" :  trop filandreux, trop long pour une télévision racoleuse, aveugle dans sa recherche effrénée du sensationnel.  Des images et du temps : voilà la force du cinéma, le seul, de ce fait, à pouvoir accoucher d'un point de vue. Critiquable bien sûr. Shaul Arieli, colonel israélien de réserve ; Nehama Ronen, femme d'affaire, membre du Likoud, l'ancien parti d'Ariel Shron ; Zuhair Al-Mansrah, gouverneur de Bethlehem, rentré en Palestine en 1996 ; kadoura Fares, ministre dans le gouverneur d'Abou Ala, après 14 années passées dans les prisons de l'Etat hébreu ;  Nazmi Al-Jubeh, archéologue et co-directeur de l'association Riwa qui s'occupe de la restauration du patrimoine palestinien : ce spécialiste de Jérusalem a conçu la partition de la ville sainte pour l'Initiativre de Genève, avec son collègue israélien Menahem Klein.
Des noms pour l'histoire. La preuve que les haines peuvent être dépassées.  Avoir le courage de passer pour un "traite" aux yeux des siens, laisser les autres  vainement  hurler avec les loups.  Sur place ou au chaud (à plusieurs milliers de kilomètres du théâtre des opérations...).
Eviter plusieurs semaines le journal télévisé. Prendre son  temps, aller au cinéma par exemple. Se laisser envahir par le doute. Se réjouir de penser soudain différemment, accepter de voir le conflit israélo-palestinien sous un autre angle. Ce qui n'est pas la moindre des réussites du documentaire de N.Wdimoff et B.Guelpa. Bref, après la projection, le débat pouvait reprendre et/ou continuer.                                                            of
                                                                
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Publié dans pickachu

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