vacance

à F.D.
C'est l'été, vacance et solitude, amitiés et incertitudes, plus quelques films pour changer d'air, voir du pays, et ne pas mourir trop idiot, on ne sait jamais :
La nuit des morts-vivants (1968) et Le Jour des morts-vivants (1986) de George Roméro, très bien ; les deux films ne disent rien sur l'Amérique et ses
angoisses, ils sont bavards en revanche sur le regard que posent sur la mort les sociétés contemporaines ; lire quand même Politique des zombies, s'ouvrir à l'altérité, ne pas se
conduire comme Le Monde Diplo. Primary Colors (1998) de Mike Nichols, excellent, John Travolta parfait en Bill Clinton démago sautant sur tout ce qui bouge et
bougeant sur tout ce qu'il saute -excusez votre serviteur-, les fluctuations de la fesse présidentielles ; Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia de Sam Peckinpah, un de ses
meilleurs films, un truc qui ne ressemble à rien, c'est rare, si si ; Quand la femme s'en mêle (1957), un gros navet made in France d'Yves Allégret, le pire de La Qualité
française, nous sommes à la fin des années cinquante, la Nouvelle Vague va bientôt arriver, ouf ! Un unique intérêt : le premier film d'Alain Delon (une carrière in statu
nascendi) et le sourire de Sophie Daumier ; Sin city (2005) de Robert Rodriguez et Frank Miller, quelle déception ! Définitivement réfractaire à ce genre de cinéma, BD,
effets spéciaux en-veux-tu-en-voilà, interprétation surjouée des acteurs, un pensum ; Mad Max de George Miller (1982) : pas vu à sa sortie, on se dit qu'on n'a rien raté à
l'époque, beaucoup de bruit pour pas grand chose, sans vouloir vexer personne ; Douze en hommes en colère (1957) de Sidney Lumet, un chef-d'oeuvre inoxydable, le cinéma américain
de gauche (la seule, la vraie, socialiste et libérale, en somme démocratique) au sommet de sa forme, un impacable réquisitoire contre la peine de mort -pas de didactisme lourdingue, toutefois-,
et Henry Fonda est génial -son regard est plein de bonté, il exprime une bonté, une bienveillances tranquilles, comme on en croise rarement ; Rusty James (1983) de Coppola : pas
vu depuis plus de 20 ans ; l'émotion n'est plus la même, l'ennui gagne parfois, trop de manières, de poses agaçantes : en gros le film a mal vieilli, si cela veut dire quelque chose, à moins que
ce ne soit le spectateur qui ait trop vieilli -une piste... Matt Dillon et Mickey Rourke sont jeunes et impeccables : là, rien n'a changé -soulagment ; la première saison de Prison
Break, bof, oui, bof bof ; un tantinet facho sur les bords, et -ceci n'ayant rien à voir avec cela- trop d'hommes en marcel, trop de muscles bandés, des hommes partout , on étouffe (de
poils), pourtant la doc est canon (ravissante, en reparler plus profondément, même si le tout ne semble pas bien pénétrant) ; Cent mille dollars au soleil (1964) d'Henri
Verneuil, Belmondo, Blier et Ventura se pourchassent dans le désert, des mots d'auteur à foison, ils s'amusent comme des petits fous, nous avec : un bonheur ; enfin, Malcom X
(1993) de Spike Lee, Malcom sans X avait lancé le critique de Libé Gérard Lefort à la sortie du film, ce qui paraît aujourd'hui exagéré, un bon équilibre est trouvé par le
réalisateur afro-américain entre vie privée et vie publique, que de chemin parcouru, quand on suit la campagne brillante du sénateur Obama : comme quoi le pire n'est jamais sûr. Bonnes vacances,
à vos amours.
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PS : un soutien inconditionnel à Philippe Val, à toute la rédaction de Charlie Hebdo ; l'antisémitisme ne passera pas, quelle que soit sa forme. Quant à l'autre,
qu'il arrête son Sinéma...