ciné qua non

Publié le par facquet


à F.D.

Nous avions il y a quelques années écrit tout le bien qu'il fallait sans doute penser du cinéaste italien Zurlini. En outre, nous nous sommes toujours étonnés de la répulsion que suscite chez nombre de cinéphiles l'oeuvre du grand Vittorio De Sica (Le voleur de bicyclettes, Umberto D). Vu l'autre soir sur le petit écran son Gare terminus (1955). Mise en scène pataude et démonstrative, Jennifer Jones ne tient pas la route en femme amoureuse, vulnérable et tourmentée, quant à Montgomery Clift, son interprétation surjouée frôle le ridicule. Une américaine mariée entretient à Rome une liaison avec un homme. Eternel et beau sujet, gâché par le souci de trop en faire de De Sica. Un surmoi d'artiste envahissant. Reconnaissons que la gare de Rome est bien filmée, ainsi que tous les personnages secondaires ; là, De Sica est plus à l'aise, dans ce néoréalisme transalpin, qui n'arrive toutefois pas à la cheville du maître Roberto Rossellini : on pense bien sûr à son Voyage en Italie, en 1953, avec Ingrid Bergman...
Vu aussi un des derniers opus de Qualité française d'après-guerre : Le baron de l'écluse (1960) de Jean Delannoy, avec Gabin qui fait du Gabin et la splendide et renversante Micheline Presle qui malheureusement éructe comme Arlety ; le film se laisse voir, mais la mysoginie ambiante, la gérontocratie revendiquée, et le mépris à peine dissimulé des petites gens ne laissent pas de révulser. Heureusement la Nouvelle Vague arrive ! Vu enfin La Belle ensorceleuse (1941) de René Clair, avec Marlene Dietrich, en comtesse intrigante dans une Amérique d'opérette. Même constatation que pour le fim précédent : on se laisse prendre, sans grand plaisir cependant, néanmoins le regard malsain porté sur les femmes en dit long, entre autres choses, sur un certain cinéma français de cette période, tout comme sur ceux qui le faisaient. Les contempteurs de la Qualité française ne se sont pas trompés sur toute la ligne, donc, à l'instar des écrits visionnaires de François Truffaut -années 50- sur l'abject  Autan-Lara, qui finira député européen du (a)Front National. Comme quoi...

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PS : la curée que vit actuellement Philippe Val de Charlie Hebdo ne mérite que le plus profond mépris. Nous réitérons ici notre soutien à cet honnête homme. A quand une pétition en sa faveur ?  La guerre des deux gauches va laisser des traces, oui.
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Publié dans pickachu

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