Celsius 41.11

Publié le par facquet

undefinedNous n'en doutions pas. Depuis le début, sans mentir. Le travail de Michael Moore est une infâme imposture. Nous l'avons souvent écrit. Un cri dans le désert intellectuel et éthique d'une certaine gauche altermondialiste néogauchiste sans scrupule (la fin justifie les moyens), violemment et bêtement antiaméricaine. Nous en avons souper des Sauper et des Moore. Ils ont trop longtemps fait honte à la gauche en général (pour Democrats United Against Michael Moore, cf.www.duamm.blogspot.com/), et au cinéma en particulier. Vous excuserez la prétention. Heureusement, une décennie douloureuse se termine ; une page se tourne. L'ouvrage de Guy Millière (un adversaire politique pourtant), Michael Moore, Au-delà du miroir (Editons du Rocher, 2007) -un pamphlet brillant, vraiment, très, très documenté, un brulôt saisissant- tombe à point. Mettre au jour le monceau de mensonges, ce travail de truqueur, filmés grossièrement par ce facheux yankee. Débusquer ce tas d'inepties. Rendre au documentaire ses lettres de noblesse. Enquêter, pratiquer la satire, dénoncer, soit. Tout cela n'implique cependant pas le mensonge. Tarir en somme sa capacité de nuisance.
Au profit de ceux qu'il a toujours prétendus se battre. Un exemple : "On voit , dans Roger et moi, Ronald Reagan venir à Flint parler des valeurs de travail et de l'esprit d'entreprise, et l'on oublie de dire que la visite de Reagan s'est effectuée en 1980, pendant la campagne présidentielle, et non en 1986, au moment où Moore la situe; cela ne fait qu'une "erreur" de six années, je sais...". No comment.    
En outre, Nicolas Sarkozy et Michael Moore partagent quelques traits de caractère : ils sont procéduriers ; ils ont la plainte facile, donc. Ils aiment l'argent (pendant la campagne de John Kerry en 2004, M.M. demandait aux jeunes démocrates des sommes astronomiques pour des interventions publiques de quelques minutes seulement), voient le monde en noir et blanc, réfractaires l'un et l'autre à la complexité des choses et à la contradiction, répondent partout avec aplomb à côté des questions qu'on leur pose, font montre enfin d'une paranoïa aiguë, victimes impayables d'une vaste conspiration ; des inconditionnels de la théorie du complot.
Partant, quelles explications donner à l'échec commercial et critique de son dernier film Sicko (sur le système de santé des Etats-Unis) ? Une supposition en forme d'espoir : le public cultivé qui a fait son succès planétaire, a fini par se lasser des supercheries du pseudo cinéaste, par subodorer les falsifications honteuses d'un bonimenteur décomplexé et millionnaire, lequel n'apprécie rien tant que la distorsion de la réalité. En 1999-2000, M.M. a animé une émission altermondialiste sur une petite chaîne du câble (Bravo TV) : The Awful Truth (l'horrible vérité -sic). Aucune censure. La même liberté de ton télévisuelle ou radiophonique, voire cinématographique, existe-t-elle à la Havane ?
Chez Moore, à l'écrit comme à l'écran, tout est faux, falsifié ou faussé. Guy Millière ne va pas se faire que des amis. Tant s'en faut. En particulier en France où le mal est profond et protéiforme ; ceux qui contestent déjà les résultats de ses investigations rigoureuses devront les réfuter point par point avec une extrême précision. Au travail. Lire absolument le chapitre consacré entièrement à Fahrenheit/9/11 (Palme d'or à Cannes en 2004). Du grand art. "On peut désapprouver Bush sans recourir à des moyens malhonnêtes" écrit G.Millière. Il parle d'or. Une pensée pour Barack Obama.
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Publié dans pickachu

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