Bertrand Blier est mort

Publié le par O.facquet

Cinéma. Trois étoiles pour Bertrand Blier

 

Bertrand Blier vient de casser sa pipe. Sa mort nous oblige : brisons le silence, donc. Bertrand Blier appartenait au petit monde des artistes qui nous aura façonnés d'une manière ou d'une autre. Au passage : avec doigté et humilité. Il y a plusieurs chambres dans la maison du Père. Et plusieurs chemins pour y accéder. Toute honte bue, force est ainsi d'avouer que le réalisateur des Valseuses (1974) fut un temps plus important pour beaucoup, à l'instar de Luc Besson, que Wim Wenders ou Ernst Lubitsch, afin de trouver à l'adolescence sa place dans la cinéphilie ; la consciencieuse l'ayant de toute façon toujours snobé. La mort de Bertrand Blier suscite une sincère tristesse, vraiment. Ce fut entre autres un chic type. Si Les Valseuses agacent, écoeurent même parfois -le pelotage indigne, insupportable même, de Brigitte Fossey par exemple-, Calmos (1976), Préparez vos Mouchoirs (1978), Buffet froid (1979) Beau-père (1981), La Femme de mon Pote (1983), Notre histoire (1985), Tenue de Soirée (1986), Trop Belle pour toi (1988), nous ont appris, chacun différemment, et sans possibilité de retour en arrière, que le cinéma pouvait dire autre chose autrement : dans la direction d'acteur, la mise en scène, les dialogues, le son, la photographie, le montage, l'usage de la musique, et bien entendu les sujets évoqués. Comme on dit communément : il avait un univers cinématographique à nul autre pareil, bien à lui, reconnaissable en un coup d'oeil, en somme. Nous ne nous en remettrions pas : ce qui n'est pas peu de chose. Quitte par la suite à prendre des distances avec son travail. Un exil intérieur ne permet pas à votre serviteur d'en dire davantage hic et nunc, certains thèmes abrasifs abordés par le cinéaste provoquant encore quelques controverses potentiellement préjudiciables. Nous y reviendrons peut-être un jour, si Dieu le veut. Aujourd'hui, toutefois, dans la famille Blier, je demande le fils : Il n'est pas bien là-haut ? Souhaitons que oui. Avec une ordonnance, et une bonasse. Nous n'oublierons rien, pour sûr. Surtout, promis, il nous faudra un jour revoir Mon homme (1996). Promis. Oui.

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La Femme De Mon Pote Affiche | Planète Vintage

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Publié dans pickachu

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