Touche écossaise. Rebelle (2012). Génie de Pixar (6).

Publié le par O.facquet

REBELLE (2012) - Film - Cinoche.com

 

 

à ma fille Lucie, Jean-François Stévenin et Hervé Aubron,

 

Quelques mots cet été, régulièrement, sur un film venu de la maison Pixar, laquelle fait honneur au génie et au savoir-faire des États-Unis d’Amérique dans le domaine de l’entertainment.

Rebelle (Brave) est le 122e long-métrage d’animation des studios Disney. Réalisé en images de synthèse par Brenda Chapman et Mark Andrews pour Pixar (dont c’est la treizième production), il est sorti en 2012. Rebelle (couleur bleu-nuit) est un conte merveilleux (une oeuvre qui étonne par son caractère inexplicable et/ou surnaturel), reposant sur une idée originale -il ne s’agit donc pas d’une adaptation. L’histoire se déroule dans un royaume imaginaire de l'Écosse médiévale, au coeur des terres sauvages des Highlands. Des terres où de nombreux récits de batailles et de légendes épiques se transmettent de génération en génération (c’est écrit au dos de la jaquette du DVD). Mérida, une jeune fille rousse intrépide, rejeton impétueux de la reine Elinor et du roi Fergus, fait la joie et la fierté de ses nobles parents. La sauvageonne casse-cou préfère toutefois chevaucher en forêt, cheveux au vent, volutes de pain d’épices allégoriques, et s’adonner avec fougue au tir à l’arc, plutôt que de se préparer à devenir une princesse accomplie, dans cette prison dorée qu’est le château. Jusqu’au jour où Mérida refuse de se marier, ce qui chagrine sa mère, apôtre de la tradition, et défie par tous les moyens ses prétendants lors des Highlands games, avant de courir des aventures fantastiques : dans sa quête de liberté, elle transforme sa mère en ourse à la suite d’un accident, il va donc lui falloir trouver le moyen de sauver et sa génitrice et le royaume de Dunbroch, au bord du chaos, sans renoncer à sa farouche indépendance, qui demeure son idéal de vie, le tout en compagnie de ses trois frères, devenus des oursons, sans oublier son inséparable cheval. D’autant qu’un ours impitoyable (Mor’du) se dresse sur sa route, après avoir jadis amputé son père.

CINEMA. Rebelle, une femme sans influence - L'Express

Rebelle se veut un film féministe. Face à l’entêtement de la jeune princesse à briser sans vergogne tous les codes de la bienséance, il lui est en permanence rappelé l’inconvenance de son comportement. Elle n’en a cure. Rebelle a été conçu pour compenser l’incontestable prépondérance masculine au sein de la filmographie de Pixar. C’est ainsi le premier film du studio coréalisé par une femme, Brenda Chapman, et centré autour d’une héroïne en butte, dans l’Écosse médiévale, aux contraintes de son genre. Le volontarisme contre-genré saute aux yeux, avec son lot d’archétypes sexuels à répétition. Un retour du refoulé vient néanmoins jouer le rôle du grain de sable dans une mécanique pourtant apparemment bien huilée : le personnage de la sorcière maléfique, laquelle dans le monde occidentale est depuis beau temps associée à une symbolique négative.

walt disney rebelle - Page 9

Rebelle est en outre le seul film de la filmographie de Pixar, dont tous les protagonistes viennent du genre humain -les hommes y sont habituellement globalement contournés, ils ne représentent pas le socle véritable du casting. Le souci récurrent des origines, qui taraude les scénaristes, refait ici surface avec force. Les toons en sont privés, et dans Le Monde de Nemo, il en était d'ailleurs largement question. Il s’agissait à cet égard de bien (re)tracer une frontière, même ténue, entre eux et nous (et vice-versa), de les remettre à leur place, tant l’effacement de l’homo sapiens était à craindre -dixit Pixar. L’inquiétude gagnait quant au brouillage de la figure de l’Homme. Rebelle s’y emploie également, d’autant que le film est dédié, dans son générique de fin, à Steve Jobs (un enfant adopté, tiens tiens), “notre partenaire, ami et mentor”. Leur partner est mort d’un cancer le 5 octobre 2011. Pixar perd l’une de ses premières cartes mères. D’où que la question de l’origine saisit le film. Dès lors, Pixar va s’ingénier à remonter le temps de notre espèce, jusqu’à la préhistoire, avec Le Monde d’Arlo en 2015.

La Sorcière, personnage dans "Rebelle". | Pixar | Disney-Planet

Une rechute est cependant envisageable. La bête menace toujours de prendre définitivement la place -Mérida invite sa mère ourse, hors langage, à céder à l’appel du ventre, laquelle ne réclame pas son reste en s’abandonnant goulûment à la délectation de la chair crue. Du reste, dans Rebelle, Pixar innove : ce ne sont plus des corps ou des supports venus du non-humain qui expérimentent une humanité tronquée, mais des représentants de notre espèce qui assument les affres des anciens toys ou toons : la reine se métamorphose en ourse (qu’elle soit de sang royal n’est pas fortuit) , ses fils en oursons, à l’instar du chevalier maudit devenu Mor’du -qui a privé le roi d’une jambe, une humanité amputée ? Il en faudra des péripéties pour reconquérir une humaine condition. Rien n’est jamais gagné. L’angoisse de la régression animale, de la perte des origines, encore et toujours.

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Recette Les Shortbreads de Rebelle - Grazia

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Publié dans pickachu

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