Génie de Pixar (7). Coco (2017) : mort de rire !

Publié le par O.facquet

COCO (2017) - Film - Cinoche.com

Quelques mots sur un film d’animation venu des studios Pixar, régulièrement cet été. Coco (105 minutes) est un film d’animation américain réalisé par Lee Unkrich (Toy Story 3, Le Monde de Nemo, Monstres et Cie, et Toy Story 2), et co-réalisé par Adrian Molina. Il est sorti en 2017. Sur un scénario élaboré par Adrian Molina et Matthew Aldrich, le film est basé sur une histoire originale de Lee Unkrich et Jason Platz. Coproduit par les studios Disney et Pixar, Coco est le 139e long métrage d’animation des studios Disney et le 19e film d’animation en images de synthèse des studios Pixar. Il a été récompensé en 2018 de l’Oscar et du Golden Globes, puis du British Academy Film Awards du meilleur film d’animation. Le film a été rebaptisé Viva au Brésil ; en effet, le terme Coco était trop proche du mot portugais cocô, signifiant merde.

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Nous sommes à Santa Cecila, au Mexique, en pleine Fête des Morts. Depuis quatre générations, la musique est bannie dans la famille de Miguel Rivera. Alors que le jeune garçon de 12 ans nourrit l’espoir de devenir un jour un guitariste aussi talentueux que l’idole de tout un peuple : Ernesto de la Cruz, sa famille lui offre un tout autre horizon : prendre la relève de la cordonnerie, créée par son arrière-arrière-grand-mère Imelda, la mère de son arrière-grand-mère Coco, toujours en vie, rivée sur un fauteuil roulant, l’esprit ailleurs, le regard vide. On marche parfois à côté de ses pompes dans la famille. Bien décidé à prouver son talent, Miguel, par un surprenant concours de circonstances, se retrouve projeté dans un monde aussi étrange que coloré (flanqué du chien Dante, ça ne s'invente pas) : le monde des ancêtres, le pays des morts, où il se lie d’amitié avec le chaleureux Hector, un brin roublard. Ils vont vivre ensemble une aventure hors du commun, ce qui va constituer un point de bascule dans leur histoire personnelle et familiale.

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Tout film de Pixar délivre un message édifiant, voire plusieurs. C’est selon. Avant toute chose, quelques mots sur le spectacle pyrotechnique chromatique que nous offre Coco, qui affiche la couleur 105 minutes durant. Un vrai feu d’artifices esthétique. Outre que les visages comptent parmi les plus sophistiqués de la filmographie du studio (un foisonnement de traits), nous assistons dans Coco à une frénésie de lumières, le film est vraiment un festin de couleurs saturées, après le nuit-bleu de Rebelle.

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Voyez la farandole chromatique du Jour des Morts, le carnaval à la fois macabre et multicolore, avec ses chars de carton pâte, sa variété grisante de maquillages, les costumes bariolés, les colifichets, les fleurs, les reflets diaprés des offrandes, et au cimetière : les lueurs enchanteresses de centaines de bougies, sans oublier les feux d’artifices qui condensent l’effet général. Jusqu’à l’altière dépouille de la peintre Frida Kahlo, connue entre autres pour l’acuité de ses contrastes, qui est personnellement convoquée, et guère ménagée -à creuser. Ne pas négliger également, dès l’entame du film, la multitude de fanions de papier crépon découpé, accrochés par guirlandes dans les rues pour la fête, lesquels permettent d’étaler tous les tubes de couleurs, d’en profiter sans mélange : du rouge, du bleu, du jaune ou du rose jubilent sur des buvards. Il faudrait aussi évoquer les feutrines qui absorbent à satiété les pigments. Le Royaume des morts, l’au-delà, où l’on accède par des arches de pétales oranges, à sa façon participe à cette exubérance chromatique (les voies du Seigneur sont impénétrables, sauf pour Pixar). Un des tours de force de Coco : se vouer à nos fantômes lui permet de balayer tout le camaïeu de beiges et de bruns. United colors of Pixar.

Comme de juste, Coco nous offre en partage une morale, ici à double entrée. Nous ne reviendrons pas ce jour sur le souci des origines qui taraude Pixar. C’est particulièrement explicite dans Coco, comme dans En Avant, le dernier film des studios, sorti l’an passé.

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Posons cette hypothèse : le chamarré de couleurs qui inonde Coco vient nous rassurer sur notre dernière demeure, soit notre fin dernière, ce trait commun à toute l’humanité : la mort. Un autre monde en effet nous attend, agité de squelettes animés, plein de turpitudes, exotique et chatoyant, un tantinet hystérique, où les couleurs ne se brouillent pas, le film est ainsi un anxiolytique métaphysique, pour les grands et les petits, mais il faut toutefois, pour profiter d’un long séjour dans les limbes, que les vivants se souviennent, sinon les défunts finissent par disparaître, par voler tout bonnement en poussière, définitivement. Des droits et des devoirs, donc. Ce qui permet aux défunts de nous rendre visite régulièrement, et à Miguel de s’offrir un séjour psychédélique à nul autre pareille. We keep in touch, en somme. C’est rassurant en ces périodes de basses eaux spirituelles.

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Pour finir, ouvrir les placards de famille n’est pas sans risque : des monstres y sévissent et des cadavres y reposent. Et pas toujours en paix. Mais le pire n’est jamais sûr. Il faudra toute la fougue têtue de Miguel pour qu’il dénoue la généalogie névrotique de sa parentèle, assouvisse sa passion, comme il faudra aux deux frères elfes d’En Avant, bien des tribulations chaotiques, pour qu’un deuil se fasse, pour avancer enfin. Le choc thérapeutique de Pixar.

Un mot encore : comment ne pas penser que le film est un coup de pied de l’âne envoyé à D.Trump, Coco permettant à tout un chacun de passer d’un monde à un autre -des USA au Mexique, et inversement ?-, sans que l’érection d’un mur vienne s’y opposer.

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Publié dans pickachu

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