Un par un (les séries TV et la politique des auteurs).

Publié le par O.facquet

 

Testeur de série Les Soprano (critique de séries sans spoilers) - YouTube

  aux amis,

 

Créée par David Chase (David Cesare), Les Soprano (1999-2007) est la plus grande série de l'histoire de la télévision américaine. Elle suit la vie de famille d'un parrain italo-américain de la côte Est des Etats-Unis d'Amérique. Emmanuel Burdeau, ancien rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma a publié récemment un petit ouvrage remarquable sur ce joyau télévisuel : La passion Tony Soprano (dans le numéro 48 de la revue Trafic, créée par Serge Daney, E.B. avait déjà écrit sur cette série, un article de haute volée : Demain la veille). Un extrait illustre que la politique des auteurs évoquée récemment peut également s'appliquer aux séries télévisées : "Il y a au départ une crise d'angoisse au bord de la piscine, la crainte d'être atteint d'une tumeur puis l'entrée en analyse. Âgé de trente-sept ans, Anthony Soprano a le sentiment d'être un tard-venu. Il n'a pas intégré jeune les affaires familiales. Il sait qu'on murmure dans son dos qu'l ne vaut pas les anciens. Jennifer elfi lui parle de dépression, mais il ne peut s'empêcher de penser à celle, d'une autre magnitude, que connurent son oncle et sa mère : c'était en 1929.

Les Soprano », des héros qui n'en sont pas

Les présentations sont faites. La susceptibilité de Junior. La méchanceté de Livia. La patience teintée d'agacement de Carmela. L'ambition de Christopher. Le sérieux de Meadow. La mollesse d'Anthony Junior. Jackie Aprile, le boss en exercice, unanimement respecté, meurt d'un cancer à quarante-quatre ans. Tony laisse son oncle lui succéder : il tirera d'autant mieux les ficelles. Il force sa mère à entrer en maison de retraite. Ces deux gestes confirment que le rapport aux anciens est le thème de la saison" (page 47). La première. Le rapport aux anciens : un thème récurrent. Chaque saison aura le sien. Les analyser un par un avec passion. La politique des auteurs s'impose. Une idée fixe. Comme chez tous les artistes. Le fond et la forme étant insécables, il faudrait trouver les mots pour dire de quelle façon le tout est traité en images. Se donner le temps. Une série exceptionnelle, un petit bouquin roboratif. A cet égard, Jean-Pierre Esquenazi, professeur d'esthétique du cinéma à l'Université Sorbonne-Nounelle Paris III, directeur d'études à l'EHESS, a écrit un livre provocateur l'an passé : Les séries télévisées, l'Avenir du cinéma? Bizarrement, il zappe Les Soprano. Allez savoir (et voir...). D'autre part, au moment où des cinéphiles militants crient leur joie de voir la Turquie se rapprocher d'Ahmadinejad et de Bachar el-assad (Valse avec Bachar, camarade !), le cinéaste Jafar Panahi croupit toujours dans les geôles iraniennes (la gauche fabrique des abstentionnistes...Après tout, c'est son problème). Indignations sélectives. A votre bon coeur et vive les séries !

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Publié dans pickachu

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