Sans rancune (à la revoyure)
Le Deuxième souffle d'Alain Corneau et
L'Homme sans âge de Coppola sont décevants (ils étaient attendus, très attendus (trop ?), ceci expliquant sans doute cela). L'un est un remake boursouflé d'un
chef-d'oeuvre de Jean-Pierre Melville (Le Samouraï), au titre éponyme ; l'autre est une adaption libre méandreuse d'un ouvrage de Mircea Eliade. Ces deux films
déçoivent, donc. La présence d'Yves Angelo à la photographie peut en partie (pas totalement) expliquer que ce Deuxième souffle en manque tant ; Coppola nous a quant à
lui habitués à une production en dents de scie, à une alternance d'oeuvres vite oubliées (L'Homme sans âge en fera partie) et de réussites fulgurantes
(Le Parrain 3, surtout). Corneau est un artisan talentueux qui a vu trop grand (ça nous arrive à tous, non ?) ; Coppola, après une décennie d'absence, s'amuse
comme un petit fou, mais tout seul. En artiste autiste qui s'assume comme tel. Chez Corneau ça part dans tout les sens (Audiard, Melville, Auguste le Breton, le roman de J.G., entre autres)
et ça n'arrive nulle part ; chez Coppola, un disposif pervers et finalement mal maîtrisé, sabote le film : en un mot, dès qu'une scène le fait décoller, F.F.C. lui lance une peau de banane pour
annuler tous ses effets (souvent jouissifs, pourtant !), d'où le caractère à la fois déceptif et inachevé de L'Homme sans âge. Corneau a aussi tourné Série
noire, Coppola Apocalypse now, donc pas des nuls, ces deux-là, tant s'en faut. of