Quoi de neuf, docteur ?

Publié le par facquet

moore.jpgLa presse écrite du week-end (le Libé du 27/10/07) nous affranchit sur l'état de santé précaire du secteur immobilier de notre pays (phare de l'humanité souffrante). Que nous apprend-elle de précieux ? 150 000 ménages français risquent d'être piégés par le régime vicieux des prêts variables (l'étau des taux). D'où la crainte d'une crise proche de celle qui a secoué l'été dernier (souviens-toi...) le système financier US.
Aïe aïe aïe ! Voilà l'immarcescible antiaméricanisme français écorné. Et le cinéma dans tout ça, s'impatientent-ils ? Avant d'y venir, un mot encore. Les Corrections, de l'écrivain yankee Jonathan Franzen, est un des romans les puissants lus récemment. Comme chaque création artistique digne de ce nom, elle a sans doute aucun une portée universelle, non ?. Eh bien ! pas du tout ! En guise de présentation de l'auteur et de l'ouvrage, l'éditeur (Le Seuil) nous inflige ce laïus affligeant : "Ce roman ambitieux, drôle et féroce à la fois, ne met pas seulement en scène la famille Lambert, c'est de l'Amérique qu'il s'agit, de sa manière de vivre, de ses idéaux : un continent entier en train de sombrer doucement dans la folie". Rien que ça ; édifiant. C'est vol au dessus d'un nid de coucous. Pour vendre du papier : mieux vaut se rencarder sur le lectorat potentiel; un sou c'est un sou, quitte à flirter avec une forme de xénophobie. L'adverbe doucement atténue la virulence stupide du propos. N'empêche ! Les Amerloques trouveront ainsi le temps de fermer le compteur à gaz, avant de collectivement imploser dans un délire indescriptible. Alléluia !
Et le cinéma dans tout ça, insistent-ils, les effrontés ?
On y est. Sicko du résistant impertinent Michael Moore (Bowling for Colombine et Fahrenheit 9/11). Le parangon de la haine de soi. Le même qui réclamait des milliers de dollars aux jeunes partisans de John Kerry pour dire quelques mots venimeux contre G.W.Bush, qu'il nous rendrait presque sympathique...). Un documentaire sur la déliquescence et l'iniquité du système de santé des Etats-Unis d'Amérique. Les fidèles de la série Urgences n'ont pas attendu maître Moore pour se faire une idée inqiuète et scandalisée sur la question. Il reste toujours des incorrigibles à éduquer. Notre cinéaste palmé fera toujours plus de mal que de bien aux combats (quelqufois justes) qu'il mène caméra aux pieds. En revanche, en France comme au Royaume Uni, tout va dans Sicko pour le mieux dans le meilleur des mondes hospitaliers possible. Un a priori qui a le don d'en irriter plus d'un : "Dans Sicko, M.M. ne retient que la face lumineuse du système de santé hexagonal et se base sur les critères de l'OMS, datant de la fin des années 1990. Sa vision du revenu moyen d'une famille française (7000 euros par mois, selon lui) et son instrumentalisation d'une structure privée (SOS Médecins) comme preuve d'un accès aux soins idéal et quasi gratuit sont évidemment contestables (...) Ce qui vous scandalise aux Etats-Unis existe déjà en France !" dixit le syndicaliste urgentiste Patrice Pelloux (Charlie Hebdo du mercredi 5 septembre 2007). Lequel médecin n'entretient nulle accointance avec la doctrine néolibérale. Comme à l'accoutumée, M.Moore ne s'embarrasse pas de témoignages ou de points de vue contradictoires : on assiste à un exercice de propagande totalitaire en bonne et due forme ; mauvaise foi assumée et appréciée ; montage blitzkrieg ; arguments fallacieux ; falsification de la vérité ; prise en otage du spectateur (syndrome de Stockholm) : du balisé. Le film a été un échec. Nos condoléances les plus sincères. Vive le cinéma, libre !  of
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Publié dans pickachu

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