Ocean pacifique

Publié le par facquet

c-et-b.jpgRavir, exiter, désirer demeurent sans doute les motivations premières d'un hold up. En conséquence, Ocean'13 ne pouvait pas ne pas décevoir. Et en effet, il déçoit. Pour quelles raisons ? L'argent ne suscite plus le même désir, tout simplement. Main basse sur le motif érotique. Malgré Brad Pitt, George Clooney, Matt Damon et Al Pacino ? Affimatif, mon capitaine ! Au final, personne pour assurer la défense. Or, ici et là, Ocean'13 ne laisse pourtant pas indifférent. Est-ce l'air du temps (marcher sur le copain pour gagner trois -francs-six-sous), le brouillard d'époque, voire l'archarnement de critiques déboussolés déjà passés récemment à côté de Boulevard de la Mort de Tarantino ? Y'a de ça, entre autres. Ocean'13 séduit au bout du compte quelques arriérés. Appartenir au club est un honneur. Savoureux. Expliquons-nous. Ocean'11, Ocean'12, Ocean'13 : trois épisodes d'une série américaine parmi d'autres, dont l'âge d'or perdure avec éclat (d'Urgences à Prison Break, en passant par Les Soprano ou Six Feet Under, la liste n'étant pas exhaustive). Certes, les épisodes ne sont pas tous de même qualité. Certains sont plus faibles que d'autres, assurément. L'ensemble reste cependant cohérent (le jeu stéréotypé des acteurs par exemple, tant décrié -à tort), et il y a toujours deux ou trois choses à sauver, une originalité à dénicher, ce qui n'est pas rien.

Ocean'13, tout en appesanteur, est l'ultime avatar de ce qu'on a appelé naguère l'image mouvement, en gros le cinéma classique (sans être académique pour autant) : la mise en scène et le montage sont en particulier d'une limpidité confondante. Steven Soderbergh ne déconstruit rien : ni post-ceci, ni post-cela. La trop bonne lisibilité du récit seule nous en remontre au contraire ;  l'unique concession faite en définitive à une possible modernité cinématographique : une transparence aveuglante.

Reconnaissons enfin que le Veau d'or profite bien ces temps-ci. Braquer un casino à Las Vegas dans le seul but de venger l'honneur d'un pote malmené, ç'a de la gueule, non ? A l'image des stars du film qui jouent à l'oeil par amitié pour Soderbergh. A cet égard, l'affection que se vouent Danny (George Clooney) et Brad Pitt (Rusty) transpirent à l'écran sous la forme de regards complices discrets et de dialogues avortés ou archicodés, dont le sens leur appartient en propre. Ce n'est pas la révolution (est-elle d'ailleurs souhaitable ?), tant s'en faut. On fait avec ce qu'on a (on a connu bien pire), en attendant fébrilement le prochaine épisode. Une bise aux grincheux. Voir Ocean'13, donc.  of

 

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Publié dans pickachu

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