Désir d'avenir

Publié le par facquet

                                                                 DESIR D'AVENIR  

Le 15 décembre, vers 20 heures, les cinémas Studio, en partenariat avec Centres-Images (ex-A.P.C.V.L.), ont présenté deux films, un moyen métrage et un court, tournés dans la région, voire à Tours même, en présence de Marie Vermillard (on se souvient de Lila Lili en 1998) et de Yvonne Kerouedan (metteur en scène, actrice et scénariste, née en 1969), les deux réalisatrices. Deux femmes (là aussi, ça ne fait pas de mal...), deux jeunes femmes réservées et courtoises, au caractère bien trempé, un plus de toute façon, dans un milieu encore un tantinet macho, non ? Le public, discret lui aussi, laisse souvent aux organisateurs le soin de mener le débat, d'orienter la discussion. Le film d'Yvonne Kérouedan -mon voisin dit la trouver charmante, ce que ne contredit pas le spectateur affable assis devant nous-, n'est pas facile à raconter, nous nous en garderons donc bien ; c'est un truc déjanté, très bien joué, aux  frontières du fantastique. Rien de plus à en dire, il faut tout faire pour le voir un jour, vraiment !. Son titre : Mon ami, tout va à la décharge (2006). Tout un programme. Faites le savoir, il (et elle) le mérite.
La jeune réalisatrice  raconte  l'histoire de son projet, sa matérialisation, les difficultés rencontrées, les modes de financement, sans oublier la distribution, l'angoisse de tous les cinéastes. Car avant d'être vu, l'oeuvre doit être distribuée, ce qui n'est pas une mince affaire, dans un système concurrentiel pas plus bonhomme que les autres. Yvonne Kerouedan nous rappelle tout à fait à propos que le cinéma est aussi une industrie, et que le spectateur, assis dans le noir, plongé dans le ventre de la baleine, les yeux rivés sur l'écran, comme hypnotisé, ne voit que la partie émergée de l'iceberg. Une bonne piqure de rappel. Elle conclut son propos en reconnaisant avoir peut-être mangé son pain blanc : "Le prochain sera sans aucun doute bien plus ardu à réaliser que celui-ci" lache-t-elle. Nous l'attendons avec impatience.
Sa camarade (on sent qu'une complicité spontanée s'est nouée entre les deux cinéastes), Marie vermillard, plus aguerrie, sans omettre de nous parler de son travail (Petites révélations (2006), une succession surprenante et réussie d'histoires courtes, subtilement agencées, qui toutes expriment l'incommunicabilité, la solitude, l'errance, la mort aussi), tient à revenir sur son action au sein de  l'A.C.I.D., l'Agence  du cinéma Indépendant  pour sa Diffusion. Une agence  créée en 1992 par des  réalisateurs (Robert Guédiguian, Jeanne Labrune, Serge Le Péron et Gérard Mordillat, Mariana Otero aujourd'hui, pour ne citer qu'eux) qui refusent la perspective d'un cinéma régi par un  modèle unique,  excluant de fait  toute  expression  -et  en  premier lieu toute diffusion cinématographique indépendante. Marie Vermillard en parle avec conviction et gravité : "Ce qui fait la force de notre travail reste par dessus tout cette chose originale, le soutien par des cinéastes de films d'autes réalisateurs" insiste-t-elle ; le public ne cille pas, est tout ouïe, tant le propos est majeur et d'actualité, tout à la fois ; qui plus est, dans les murs des Studio qui s'evertuent à défendre, promouvoir et diffuser, depuis plus de quarante ans, tous les cinémas, car il y a plusieurs chambres dans la maison du père. Deux femmes cinéastes de talent  engagées, passionnées et passionnantes. Nous les remercions de cet exposé utile sur l'économie actuelle du cinéma d'art et d'essai (d'autant que Marie Vermillard n'a pas choisi la facilité en tournant un moyen métrage. Courageux !). Nous leur souhaitons bonne route. A la revoyure et bonne année. of
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Publié dans pickachu

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