Al Gore rythme

Publié le par facquet

             

                                                                                                                                                                                                      

 C'est un sujet qu'il convient de ne pas prendre à la légère : le réchauffement climatique (qui fait froid dans le dos). En gros : y'a plus de saisons ma pauv' dame ! L'ex-vice président des  Etats-Unis d'Amérique,  Al Gore, en cause depuis des lustres. Il sillonne  la planète dans tous les sens afin d'alerter l'opinion du danger immédiat (la question ne laisse personne indifférent, quoi qu'on en pense). C'est un passionné passionnant. Il mouille la chemise (chaud devant), on ne peut guère lui enlever ça. Là toutefois n'est pas le problème, car problème il y a. Le film de Davis Guggenheim, Une Vérité qui Dérange (2006), est un travail militant (méfiance).
En vedette américaine : AL Gore dans un véritable one man show. Il assène son propos avec conviction, enthousiasme et une indiscutable sincérité, devant un parterre acquis à sa cause (il sait chauffer une salle). En devient enseignant : un passeur de savoir. Notre candidat malheureux aux élections présidentielles US de l'an 2000 a appris à transmettre "à l'américaine", dans une totale relation de convivialité interactive. Enfin, pas tout à fait. Et c'est précisément là que le bât blesse. Le film est un document brut à lecture fermée ; une pensée circulaire qui tourne à vide. Les images ne donnent pas à penser, elles le font à notre place. Le système de mandarinat n'est pourtant pas dans la culture universitaire et scientifique américaine, où le cours magistral est banni. Les conférenciers, des experts faisant autorité, viennent débattre avec un public mixte, composé d'enseignants et d'étudiants de tous âges. Ils instaurent une émulation complice avec leurs interlocuteurs (des contradicteurs en puissance).
Dans Une Vérité qui Dérange, Al Gore parle ex cathedra, parle encore et toujours, jusqu'à plus soif, sans arrêt. Il soliloque sans fin, cherche à capturer son auditoire en le captivant : son discours est  captieux, donc. Il s'agit d'obtenir l'adhésion du public à tout prix (même marri). De la séduction à ne plus savoir qu'en faire. Et une avalanche de chiffres, de courbes et/ou de tableaux, qui laissent le spectateur K.O.. Le poids des mots, le choc des photos ! Manque quelques précieuses minutes pour récupérer, reprendre son souffle, recouvrer ses esprits. Pas le temps. Al Gore est déjà reparti, à un rythme effréné. Penser dans l'urgence, le bruit, voire l'agitation, est un exercice à coup sûr vain. C'est tout compte fait le défaut majeur des documentaires militants de ne pas laisser au spectateur une place dans leur dispositif, un spectateur rivé à son siège, abandonné à sa passivité. Sommé surtout de croire sur parole des images qui n'en n'ont pas. Un chantage aux émotions manipulées. Le documentaire étant aussi une fiction (il est le fruit d'un montage), il est sujet à caution, partant ne peut échapper à la critique. Avançons enfin ceci : le sens d'une oeuvre devrait toujours prendre la forme d'une question. Dans ce cas elle est dite engagée. Ce qui n'engage qu'elle. Ensuite, c'est nous qui voyons... of

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Publié dans pickachu

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