Poutine de police
La journaliste russe Anna Politkovskaïa a été assassinée à Moscou dans l'après midi du samedi 7 octobre, dans la cage d'escalier de son immeuble. Elle s'apprêtait à publier des articles sur la
pratique de la torture en Tchétchénie. Peu ou pas d'images sur nos écrans : dans la presse écrite, à la télé, comme au cinéma ( C'est quoi le Caucase ?). Son livre, La Tchétchénie, Le déshonneur russe, avait marqué les esprits, le nôtre en particulier. Les belles âmes de gauche sont bien silencieuses depuis le meurtre. André
Glusckman excepté. Imagine-t-on le concert d'indignations vertueuses si Mickael Moore, le virulent cinéaste anti-Bush, avait subi le même sort aux Etats-Unis d'Amérique (on ne lui souhaite pas!) ?
Jacques Chirac vient récemment de remettre à Vladimir Poutine la grand-croix de la Légion d'honneur ; ça gaze (Olé Oduc!) ? Le camp de la paix de 2003 s'autocongratule sans vergogne. Qu'en
pensent les tricheurs d'Attac ? Le premier d'entre eux, le sentencieux Nikonoff ? Les néostaliniens à la langue bien pendue? Un autre monde est-il possible en Tchétchénie? Le sémillant Jack Lang
(nous l'avons tant aimé...) -l'idiot utile (dixit B.H.L.)- va-t-il se fendre d'une petite tournée automnale dans la Fédération de Russie, afin de plaider la cause des Droits de l'Homme (après son
show à Téhéran cet été, il est capable de tout)? François Mitterrand aurait trouvé les mots justes -le Kremlin et la Maison Blanche en tremblent encore. On était en droit d'attendre de nos élites
juste quelques mots qui sont à peine venus. Le mardi 10 octobre, le plus haut dignitaire présent à l'enterrement fut l'ambassadeur américain à Moscou, William J. Burns. L'ambassadeur de France n'a
pas cru bon devoir assister aux obsèques. Il s'est rendu quelques minutes à la rédaction de Novaïa Gazeta où travaillait la journaliste. Anna Politkovskaïa
avait 48 ans et deux enfants. Du courage à revendre. Un exemple. Russie : silence, on assassine...
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