Grand coeur malade

Publié le par facquet

                                                                                                                                                                                                                      Je vais bien, ne t'en fais pas de Philippe Lioret scelle notre réconciliation sincère avec le cinéma français. Après le dernier Garrel au printemps , et en concomitance avec Quand j'étais chanteur (excellent) de Xavier Giannoli, ce film met fin à quelques années d'agacement.
Lili rentre de vacances. Elle retrouve sa famille prostrée. Son frère a disparu et ne donne plus de nouvelles. Lili est désemparée : elle se laisse mourir. Une carte postale de son frère, et la voilà de nouveau sur pied. Regonflée à bloc, elle part à sa recherche. En vain...
Malgré quelques incohérences, comment cacher à quelqu'un si longtemps la mort d'un proche, par exemple -après tout pourquoi pas ; quel pari audacieux de la part du cinéaste!-, et deux ou trois facilités, Je vais bien, ne t'en fais pas n'est pas une dramatique télévisuelle, ni un film d'auteur à la fois appliqué et prétentieux.
Sur France3, le téléfilm se serait conclu inévitablement vers 22h20 par une scène de réconciliation familiale consensuelle, chacun faisant acte de repentance, en mémoire du défunt. Lili y apprendrait la mort de son frère de la bouche de ses parents -contrits.
Le film d'auteur, sûr de son coup, chercherait au contraire à faire artificiellement compliqué : un scénario en béton faussement alambiqué, où pas un seul cheveu ne dépasse ; une mise en scène guindée ou/et négligée ; une gravité surfaite pour des sujets rebattus qui se pensent originaux, et des dialogues inutilement boursouflés. Rien de tout cela dans Je vais bien, ne t'en fais pas. Le film, bien que classique dans sa facture, est d'une singulière originalité (le rapport père/fille, ou bien cette capacité à se concentrer sur une petite expérience de la réalité et d'en faire le sujet d'une oeuvre universelle,  entre autre).
Un mot pour conclure sur la prestation des acteurs : Kad Merad (le père) est plus que surprenant, Isabelle Renauld (la mère) et Julie Boisselier (l'amoureux) sont justes, comme d'habitude. Quant à la toute jeune Mélanie Laurent (Lili, belle et talentueuse, talentueuse et belle), seule Cécile de France (c'est le cas dans Quand j'étais chanteur)  dégage aujourd'hui dans le cinéma français une présence féminine d'une telle puissance. Et pas uniquement pour les yeux bleus verts de l'actrice. Qu'on se le dise...  of
ps : ces deux  films sont projetés aux cinémas Les Studio à Tours jusqu'au mardi 19 sept 2006.
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Publié dans pickachu

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