Zurlini, l'oublié

Publié le par facquet

                                                                                                                                                                                                                         La découverte du cinéaste Valerio Zurlini, l'an dernier, via la ressortie de La Fille à la valise (1961, superbe), fut tout à la fois un choc cinématographique rare et une grande joie. Le visage solaire de Claudia Cardinale, l'adolescence insouciante et frondeuse de Jacques Perrin, n'ont rien perdu de leur pouvoir d'envoûtement. La beauté éternelle de Eleonora Rossi Drago (Roberta, divine veuve de trente ans), la jeunesse insolente de Jean-Louis Trintignant (Carlo), crâne du haut de ses vingt ans, illuminent Un Eté violent (1959), que nous avons la chance de redécouvrir actuellement aux cinémas Les Studio à Tours. L'occasion, en passant, et si besoin est, de vérifier la richesse du cinéma italien d'après-guerre. Le style de Zurlini est précieux, c'est-à-dire inestimable, mais aussi empreint d'une préciosité appuyée, d'une affectation quasi étouffante. Ce qui sauve son cinéma du vain exercice de style, ce sont ces courts moments vifs et inoubliables où craque le vernis ; la rigueur jamais prise en défaut de la mise en scène, le cadrage impeccable, la photographie et/ou l'éclairage surtravaillés volent soudain en éclat. L'émotion gagne, se faufile dans ce dispositif par trop parfait (au risque d'être gacial, donc déshumanisant). L'attaque du  train, par exemple, et la séparation douloureuse des deux amoureux qui s'en suit, à la toute fin d'Un Eté violent ; l'algarade peu amène entre la mère et sa fille, dans le même film, tout autant. Zurlini fend enfin l'armure, ici nous émeut, là nous bouleverse. Un artisan du cinéma sousestimé. Zurlini, un cinéaste à ne plus négliger (un faux dilettante au propos désespéré).    of                                

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Publié dans pickachu

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