Le feu de l'amour
Ce film est un corps à corps torride (un film sur les corps -inflammables?). Il va réchauffer le coeur de ceux qui commençaient à désespérer du cinéma made in France ; ça Brûle de Claire Simon va au passage refroidir les ardeurs des facheux qui ne lui voyaient aucun avenir. Le pitch? Une adolescente enflammée qui n'a pas froid aux
yeux s'éprend d'un pompier (il va s'engager sur un terrain brûlant), qu'elle allume à mort, sous un soleil éclatant. L'action se déroule dans les Bouches du Rhône (13). Pendant 1h51, la cinéaste
nous met le feu. Comme au Vélodrome. ça Brûle ne ressemble à rien, ne doit rien au théâtre, rien à la littérature ; du temps, des images et du son (pas
d'acteurs piaffant) : du cinéma, en somme. Il est à mille lieux des tics irritants et des clichés tenaces de notre récente création cinématographique hexagonale (fumeuse). Une passion
amoureuse -un coup de foudre- portée à son point d'incandescence. Livia (Camille Varenne, impressionnante) brûle pour son soldat du feu (l'excellent Gilbert Melki, flambeur qui se laisse chauffer ;
il a le feu au cul, peut-être le démon du midi). Elle lui déclare sa flamme et grille de le voir. Pourtant soudain le torchon brûle : une flambée juvénile embrase la garrigue. Livia est une
allumeuse, une sauvagesse incendiaire. On est sérieux à quinze ans. Filons la métaphore jusqu'au bout : conclure sur la passion flamboyante qui, un jour brûlé d'été, finit par les consumer. Fin
sinistre. Un très bon film en tout cas (loin de faire l'unanimité...). En reparler bientôt autrement (faire moins fumeux). of
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