Ozu, soleil levant.
Yasujiro Ozu ne s'est jamais uniquement contenté de filmer la dislocation de la famille nipponne traditionnelle. Un récent ouvrage a d'ailleurs fait vieillir d'un
coup ce cliché tenace. Dans Choeur de tokyo -film muet de 1931-, derrrière la tyrannie domestique imposée par les enfants (nous les retrouverons dans Bonjour, sorti en 1959),
apparait les les premiers et timides plans intercalaires déshumanisés, en l'occurence des poteaux et des lignes électriques, un ensemble géométrique filmé en légères contreplongées, qui sera
bientôt la marque de fabrique du réalisateur de Voyage à Tokyo (1953). Surtout, le cinéma de Yasujiro Ozu ne manque pas d'humour, la suite de son oeuvre le prouvera ; enfin, tout comme
Mizoguchi, il sait subtilement aborder le champ politique, en moquant ici l'autoritarisme injuste et stupide du chef omnipotent et omniscient. Ce qui est une vraie preuve de courage au
moment où le Japon décide de suivre une politique militariste et expansionniste (dans une scène, le vieux professeur est debout devant un défilé de drapeaux de mille nations...) .
Présence du cinéma. Actualité de Yasujiro Ozu. Encore une fois : osez Ozu! C'est actuellement aux cinémas Les Studio à Tours : Choeur de Tokyo. of