2011, une espèce d'odyssée : Tree of life de Terrence Malick.

Publié le par O.facquet

 

The Tree of Life en DVD : The Tree of Life (L'arbre de vie) - Edition  limitée - AlloCiné

 

à ma fille Lucie,

 

"Il y a le visible et l'invisible. Si vous ne filmez que le visible, c'est un téléfilm que vous faites".

 Jean-Luc Godard

 

"Il y avait un mode d'expression que Sartre plaçait presque aussi haut que la littérature : le cinéma. C'est en regardant passer des images sur un écran qu'il avait découvert par contraste, la déplorable contingence des choses données" a écrit Simone de Beauvoir dans La Force de l'âge en 1960.

 

Il est des choses que le cinéma seul peut exprimer, bien ou mal, selon celle-là ou celui-ci, là n'est pas la question.

 

Tree of life de Terence Malick est un film poignant. Le style de films au sujet desquels, et ils sont rares, dit étreint par l'émotion, et qu'il y aura un avant et un après.

 

Tree of life ne fait pas l'unanimité, loin s'en faut. Tant mieux : nous ne sommes pas à La Havanne.

THE TREE OF LIFE | Critique du film

 

Jack est un jeune américain qui pousse dans la douleur entre un père rogoriste (Brad Pitt au sommet) et une mère affectueuse diaphane (Jessica Chastain, juste et attendrissante, tout à la fois). Deux frères viennent compléter la fratrie. Tree of life appartient au petit monde des grands films sur l'enfance. L'un des trois meurent. Inutile d'insister, là, on ne peut plus rien dire. Seulement témoigner que la mise en scène cotonneuse et éthérée de T.Malick (Sean Penn est comme un oiseau dans l'air), la direction d'acteurs, le récit erratique, voire éclaté, l'usage idoine de la musique, le mélange des genres, le montage parallèle au cordeau, ne ressemblent à rien, ce qui fait toute la force exceptionnelle de ce film à nul autre pareil. Un parfait équilibre, un dosage millimétré, qui ne plombent pas sa puissance poétique aérienne.  

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Tree of life passe sans ambages du micro au macro, et inversement : la mort d'un gosse, une cosmogonie mise en images, la théorie de l'évolution illustrée. De l'infiniment grand à l'infiniment petit, et vice-versa. Un délire indigeste et facile mégalomaniaque, une métaphysique à deux balles, à la mords-moi-le-doigts, une ontologie de comptoir assurent certains. L'inextinguible et banale soif d'éternité, rien d'autre. Diable ! A l'instar de 2001, L'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick (1968), Tree of life est une énigme et le restera sûrement, son exégèse sans fin va ainsi faire un temps certain le bonheur des iconologues de la faculté. Figure de la divinité ou justement l'irreprésentabilité de ce qui dépasse l'homme et le régit ? Vaste programme : le sens de la vie ou les fins dernières de l'homme ? Allez savoir. D'autant que les deux cinéastes sont du genre taiseux -Kubrick en particulier. Alors...

THE TREE OF LIFE - Festival de Cannes 2023

 A 65 ans (vieille branche) un des plus grands artistes de notre temps embrasse le monde et l'univers, les prend à bras le corps, se coltine le silence éternel des espaces infinis, restitue son ressenti sous la forme d'images et de sons. Il n'est pas interdit de saluer l'héroïsme du geste, les risques artistiques pris, le courage du bonhomme, donc, la beauté mystique de son travail. Oui, on ne voit plus le monde de la même façon après la vision de Tree of life, comme on envisage autrement la place qu'on y occupe après la projection, répétons-le, au risque d'agacer ou/et du ridicule. D'où quelques semaines de digestion avant d'en dire deux ou trois mots. Advienne que pourra. 

Critique : The Tree of Life, de Terrence Malick - Critikat

Terrence Malick filme un drame familial autant qu'il tourne une oeuvre cosmique doublée d'un panthéisme lyrique étourdissant, d'une fausse naïveté totalement assumée et maîtrisée. Le cinéaste texan (God bless America) gratifie le spectateur d'un dénouement eschatologique inouï, où l'humanité, indifféremment, les pieds dans la mer -le soleil darde ses rayons-, non dans l'amer, peut-être dans la Mère (la dernière scène des 400 Coups de François Truffaut), se retrouve réconciliée et consolée. Dans une époque dépourvue de tout point de fuite, un état de sérénité soudain nous envahit. L'arbre de vie, symbole d'immortalité. Pourtant, "L'éternité c'est long, surtout vers la fin" (Woody Allen). Amen. Chapeau l'artiste !

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Publié dans pickachu

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