Mortels adultères. Génie de Claude Chabrol.

Publié le par O.facquet

L'ENFER - Cinéma Café des images

"Tu ne commettras pas d'adultère"

La Bible, Evangile selon saint Matthieu 5, 27-32

 

L'angle biographique sera absent de notre propos sur les rapports qu'a entretenus avec le couple, comme motif central de son travail, le cinéaste français Claude Chabrol, dans une œuvre particulièrement féconde et abondante, à l'instar d'Alfred Hitchcock, obsédé par les affres des liens amoureux, un réalisateur que Chabrol a par ailleurs contribué à révéler en France.

 

L'Oeil du malin de Claude Chabrol (1962) - Unifrance

 

La vision de L'Enfer en 1994, avec Emmanuel Béart (Nelly), François Cluzet (Paul) et Marc Lavoine (Martineau, en play-boy), sur un scénario original d'Henri-Georges Clouzot, est une révélation : la vie conjugale (et les bassesses humaines qu'elle suscite) s'impose comme le point névralgique du film, comme sans doute d'une très grande partie de son œuvre.

 

L'enfer - Keswick Film Club

L'Enfer

 

Dans L'Enfer, Nelly (séduisante et séductrice) et Paul (nerveux et angoissé) forment apparemment un couple comblé et équilibré, parent d'un jeune garçon en pleine forme. Paul est le propriétaire endetté d'une auberge qui subit la concurrence d'autres aubergistes ambitieux du coin. L'alcool lui sert de béquilles (on boit et on fume beaucoup chez Chabrol). Au fil des jours et des nuits, la jalousie le gagne : il semble perdre la raison. Sa femme s'absente régulièrement, sort jusqu'à pas d'heure, s'affiche avec exubérance en compagnie du charmeur local, le beau Martineau, délaisse quelque peu le foyer conjugal et leur jeune fils, en somme paraît ailleurs, dans un autre monde.

 

L'enfer » de Claude Chabrol, le film maudit - Saint Ferréol – Haute-Garonne  - Midi-Pyrénées - Grand Sud Insolite et Secret

 

Toute l'habilité de Claude Chabrol repose sur l'ambiguïté du récit : Paul déraisonne, c'est un fait, mais pour autant, Nelly et Martineau semblent jouer avec le feu sans retenue, une provocation inélégante. Nous ne savons pas à quoi ou à qui nous en tenir. Le malaise gagne : des passionnés destructeurs et des passions destructrices. Les mouvements de caméra, le choix des angles de prise de vue, le travail sur la couleur et le son, la musique de Mattthieu Chabrol, la photographie, la bande son, qui n'appartiennent qu'à Claude Chabrol, ce qui fait que son style de mise en scène est ipso facto reconnaissable, accentuent le désarroi et de Paul et du spectateur qui ne plus à quel saint se vouer. Et si Nelly et Martineau étaient tout compte fait amants ? Faut-il être pris dès lors de compassion pour Paul ?

 

Critique L'Enfer : dans l'abîme de la jalousie avec Claude Chabrol

L'Enfer

 

Notons que le cinéaste est l'un des rares metteurs en scène dont le style et l'esprit ont donné naissance à un adjectif sur son patronyme (« chabrolien ») passé dans le langage courant ; en parler aux jeunes.

 

L'Enfer - Le Grand Action

L'Enfer

 

Lorsque L'Enfer sort sur les écrans, les admirateurs comme les contempteurs du cinéaste savent que les tourments domestiques ne sont pas chose nouvelle chez Claude Chabrol. La chaîne Arte, associée à la plateforme cinéma de Canal+, en programmant cinq de ces films de la fin des années 1960 et du tout début des années 1970, atteste de l'obsession conjugale du réalisateur de Poulet au Vinaigre en 1985 et de l'Inspecteur Lavardin en 1986 (indispensables), dans La Femme Infidèle en 1969, La Rupture en 1970, Juste avant la Nuit en 1971, et Les Noces Rouges en 1973. Nous dirons également un mot des Innocents aux mains sales, avec Romy Schneider, sorti en 1975, puisque la passion amoureuse dévastatrice en est pareillement la colonne vertébrale. Un mot encore pour dire que L’œil du Malin, sorti en 1961, avec Stéphane Audran et Jacques Cherrier, est la « figure mère » du cinéma de Claude Chabrol (y revenir un jour), comme ce fut le cas avec Fenêtre sur Cour en 1954 pour Alfred Hitchcock.

 

La femme infidèle - Cinémas d'Aujourd'hui

 

Commençons avec La femme Infidèle, au titre explicite. L'assureur fortuné Charles Desvallées (Michel Bouquet, le talent inné) soupçonne sa femme Hélène (Stépane Audran) d'infidélité conjugale. Il engage un détective privé qui confirme ses craintes et en profite pour lui livrer le nom de l'amant (Victor Pégala, Maurice Ronet). Charles Desvallées l'élimine dans un accès de colère soudain, de jalousie meurtrière incontrôlable, après s'être introduit dans son domicile (une scène d'une rare perversité). Deux inspecteurs (Michel Duchaussoy et Guy Marly) sont chargés de l'enquête. Après avoir trouvé l'adresse d'Hélène dans un carnet du défunt, ils se rendent au domicile du couple qui s'en sort sur le fil. Hélène découvre dans les poches d'une veste de son cher et tendre une photographie de son amant d'hier.

 

La femme infidèle - Regarder le film complet | ARTE

Monsieur et Madame Desvallées

 

Elle comprend qu'il est l'auteur du meurtre. Les inspecteurs reviennent une troisième fois, reparte avec Charles Desvallées, sans autre explication, pendant que les deux époux, devant leur jeune fils interdit, se jettent un regard énigmatique à travers le feuillage du jardin. La musique intrigante de Pierre Jansen et Franco Bixio (un score extradiégétique), couplée aux mouvements de caméra, mi enveloppants mi inquisiteurs, le regard ombrageux et sévère de Charles Desvallèes, ses rares joies surjouées, une bonhomie feinte, la déréliction inconsolable d'Hélène, proportionnelle à son ennui domestique chronique, nonobstant une aisance matérielle enviable, sans oublier l'innocence primesautière du jeune garçon, laissent planer un climat de menace latente, et plongent le spectateur dans une angoisse permanente. Les pulsions meurtrières brusques restent ce qui frappent le plus dans les films de Claude Chabrol, bien davantage que les rapports de classe, où les mœurs bourgeoises sont clouées au pilori sans ménagement. C'est le cas dans La Femme Infidèle : d'un coup fatal Charles tue l'amant honni.

 

La Femme infidèle - Film 1969 - AlloCiné

Le Femme Infidèle (et l'amant)

 

Dans Juste avant la Nuit, Charles Masson (Michel Bouquet) étrangle sa maîtresse Laura, au physique avantageux (Anna Douking), au cours de jeux amoureux particuliers (scènes érotiques explicites). Elle était l'épouse de son meilleur ami, François Tellier (François Périer). Tout au long du film nous éprouvons le sentiment d'être dans un mauvais rêve. François confie à cet égard à Charles que nous ne sommes pas redevables de nos cauchemars, après que celui-ci lui ait avoué être l'auteur du crime. François lui demande d'oublier son geste. Charles a fait la même révélation à son épouse (Hélène, Stéphane Audran) quelque temps plus tôt. Elle lui a également pardonné, sans demander son reste. Avec l'aide de son épouse, Charles, bourrelé de remords, se suicide.

 

Résumé et casting Juste avant la nuit Film Drame 1h40 1971 | CANAL+

La maîtresse assassinée dans Juste avant la Nuit

 

L'avant dernière séquence qui se clôt par un fondu au noir, voit le couple s'endormir main dans la main dans la chambre nuptiale. Incontestablement nous avons été les spectateurs d'un songe à la fois cauchemardesque, cathartique et partagé : un couple qui bat de l'aile se ressoude en éliminant l'amante perturbatrice, tout en le purgeant des névroses et autres encombrants conjugaux qui inexorablement les éloignaient l'un de l'autre. La composition évanescente des acteurs ne trompe personne. Des spectres ont hanté le sommeil des personnages.

 

Juste avant la nuit – La Kinopithèque

 

 

Précisons que le couple porte les mêmes prénoms que dans La Femme Infidèle sorti trois ans auparavant : Charles et Hélène -la signature du cinéaste. Dans la dernière séquence, filmée avec un très léger flou, Hélène et sa belle-mère (Mme Masson, Clalia Matania, doublée par Denise Grey) sont assises dans un transat au bord de la mer, pendant que les enfants jouent. Le rêve touche à sa fin dans un moment d'apaisement féminin. Un assassinat fantasmé, par procuration en somme. Comprenne qui voudra.

 

Juste avant la nuit - INGLOURIOUS CINEMA

Juste avant la Nuit

 

La Rupture, au récit par trop alambiqué, quant à lui, ne relève en rien d'un songe. Nous retrouvons la musique inquiétante de Pierre Jansen, les mouvements de caméra déstabilisants, les angles de prise de vue angoissants, du pur Chabrol dans le style. Et de nouveau le coup de sang évoqué précédemment : Charles (derechef), joué par Jean-Claude Drouot, déséquilibré psychiquement, de surcroît toxicomane, un enfant perdu de la bourgeoise francilienne, a épousé Hélène (bis repetita) venue d'un milieu modeste dysfonctionnel, ancienne danseuse nue, désormais serveuse dans un bar de nuit.

 

La rupture (1970)

 

Un matin, Charles sort de la salle de bain tel un zombie, brutalise son épouse (Stéphane Audran), qui se défend à l'aide d'une poile, puis il s'empare violemment de leur jeune fils (tous ces couples sont parents d'un jeune garçon, à creuser : les enfants trinquent ?), et le jette contre un meuble : traumatisme crânien et fracture de la jambe. La mère et le père de Charles, un publicitaire fortuné (Michel Bouquet), rapatrient le fils à la maison familiale, une grande demeure bourgeoise, afin de lui prodiguer des soins. Les grands-parents souhaitent obtenir de la justice la garde de leur petit-fils.

 

Der Riss (1970) | Film-Rezensionen.de

La Rupture

 

Ludovic Régnier (le grand-père sans scrupule) soudoie Paul Thomas (Jean-Pierre Cassel) pour prouver qu'Hélène n'a pas une vie conforme à son rôle de mère. Ils échoueront à la suite d'un combat meurtrier entre Charles et Paul (amis d'enfance) dans la pension tenue par Mme Pinelli (Annie Cordy) et son mari alcoolique (Jean Carmet), qui jouxte l'hôpital, et dans laquelle Hélène a trouvé refuge. Outre une charge outrée contre l'égoïsme cynique de la bourgeoisie française, La Rupture met en scène deux pulsions de mort où le ménage et ses complications afférentes sont une nouvelle fois à la source du drame qui se joue. Quelques scènes de sexe maladroites, et peut-être superflues, jalonnent le film. Un érotisme lugubre qui fait écho à l'ensemble. Pour une fois chez Chabrol, les acteurs semblent tous jouer dans leur couloir, sans égard souvent pour leurs partenaires, parfois caricaturaux (les trois joueuses de tarot de la pension). Passons.

 

Les Noces rouges ・ La Filmothèque du Quartier Latin

 

Les Noces Rouges : le titre du film annonce d'emblée la couleur, donc le programme à venir ; ça va sans doute saigner, car dans un couple nous sommes toujours trois, au minimum. Cela pimente l'existence, et en particulier soulage des insupportables repas dominicaux chez les beaux-parents. Dès l'entame du film, tourné à Valençay, le style de Claude Chabrol fait des merveilles afin de planter le décor qu'il veut d'une inquiétante étrangeté : la musique, la mise en scène, la direction d'acteur, les mouvements de caméra et les angles de prise de vue chabroliens, comme le travail sur le son et la photographie, s'accordent pour signifier que ça va mal finir. Très mal.

 

Les Noces Rouges de Claude Chabrol - 1973 - Shangols

Monsieur et Madame Delamare dans Les Noces Rouges

 

Paul Delamare (l'inénarrable Claude Piéplu, un des grands acteurs de sa génération), est député-maire d'une ville de l'Indre ; c'est vous dire s'il en impose. Il a épousé une femme séduisante. Or, la réussite sociale n'est pas un antidote contre l'infidélité, ne protège pas des trahisons matrimoniales. D'autant que monsieur n'est guère porté sur la chose. Madame (Lucienne, Stéphane Audran, toujours impeccable), plus sensuelle, a en effet un amant (Pierre, Michel Piccoli, égal à lui-même), adjoint au maire, avec qui elle passe du bon temps -il faut bien que le corps exulte. Pierre est marié à Clotilde (Clotilde Joano), neurasthénique chronique, qui lui empoisonne la vie : un soir, il triple la dose de son somnifère, puis l'étouffe à l'aide d'un oreiller. Le médecin diagnostique un arrêt du cœur (meurt-on d'autre chose ?). Remarquons qu'au cœur du film, la musique et la caméras se font discrètes. La mise en scène prend alors la forme d'un dispositif machinal implacable sans effets de style saillants.

 

Les Noces rouges | Dulac Cinémas

Les Noces Rouges

 

Paul révèle un jour à Pierre et Lucienne qu'il sait tout du plaisir qu'ils se donnent (il est vrai que leurs épidermes s'accordent). Les amants diaboliques assassinent le mari à l'aide d'un accident de voiture rondement menée : le visage de Pierre déformé par la rage au moment où il achève à coups de matraque le représentant de la nation, tout comme le baiser langoureux que s'échangent les amants, d'une sensualité lascive, avec en arrière plan des flammes qui vacillent -la passion aveugle ?-, pendant que le corps du mari se consume dans son automobile, glacent les sangs.

 

LES NOCES ROUGES

Les Noces Rouges. Les amants.

 

La surface sociale de Pierre calme de nouveau les ardeurs et de la police et de la justice. Aucune enquête n'est menée. La fille de Lucienne, Hélène (le retour, le cheval de Troie), soupçonne sa mère d'avoir manigancé l'élimination du député-maire. Hélène (Eliana de Santis, insondable) écrit à la police afin de soulager sa conscience. Lucienne et Pierre avouent leurs méfaits. La dernière séquence du film montre Pierre et Lucienne menottés dans un fourgon de gendarmerie, main dans la main : ils ne regrettent rien, les fâcheux ont bien mérité leur sort, un fatum en quelque sorte ; le commissaire chargé de l'enquête leur demande benoîtement pourquoi ils ne sont pas partis refaire ailleurs leur vie. Pierre répond que cela ne leur est jamais venu à l'esprit, laissant entendre que rien ne pourra plus jamais les séparer ; l'amour fou selon le cinéaste ? Une fois le vide fait autour d'eux, plus rien n'a d'importance ? Clap de fin.

 

Les Noces rouges, fait-divers creusois pour chef d'oeuvre chabrolien - Le  Populaire du Centre

 

Si Claude Chabrol, avec un coup d’œil assassin et la sûreté de ses traits, décrit une bourgeoisie de province confite dans des conventions morales et sociales étriquées, en étrillant les victimes comme les bourreaux, seuls l'adultère bourgeois et le double crime dit passionnel, à nos yeux, une fois encore,  ne laissent pas de méduser.

 

Affiche Belge LES INNOCENTS AUX MAINS SALES Claude Chabrol ROMY SCHNEI –  CINEAD

 

Les Innocents aux mains sales est la dernière étape de notre parcours. Nous sommes sur la Côte d'Azur, plus précisément à Saint-Tropez, dans une superbe villa baignée de soleil : une femme nue (R. Schneider, on se calme) allongée sur le dos, Julie, filmée comme un objet sexuel, voit un cerf-volant lui couvrir les fesses. Et le cerf porte des cornes : vil présage ? Le propriétaire, Jeff, un voisin écrivain, bellâtre sans originalité, devient rapidement l'amant de Julie, une femme frustrée. Monsieur, Louis Wormser, plus âgé et retiré des affaires, noie sa propre frustration dans l'alcool ; il est impuissant depuis une récente crise cardiaque. Les amants éliminent le mari contrariant -les coups assénés sur l'époux par Julie à l'aide d'un objet oblongue sont d'une violence froide inouïe. En vain. Le couple se retrouve sur tous les plans, exit l'amant qui a permis à Louis de recouvrer une vigueur partagée. La suite, alambiquée et pleine de rebondissements, appartient aux curieux. Romy Schneider trouve sans accroc sa place dans l'univers de Claude Chabrol : rappelons que Henri-Georges Clouzot l'avait choisie pour incarner Odette dans son film inachevé L'Enfer (un scénario dont s'emparera Claude Chabrol quelques décennies plus tard) : elle forme un couple avec Marcel (Serge Reggiani) qui prend la gérance d'un Hôtel dans le cantal. Marcel, dévoré par la jalousie, soumet sa femme à la torture, l'attache à un lit, ses fantasmes épousant la réalité. Des extraits du film, d'un érotisme tourmenté, sont disponibles. 

 

Les Innocents aux mains sales de Claude Chabrol - 1975 - Shangols

L'amant, l'épouse et le mari dans Les Innocents aux mains Sales

 

De tous les films évoqués précédemment, Les Innocents aux mains sales est le plus sordide, le plus lucide sur la cruauté des sentiments les moins nobles, comme l'envie, le désir insatisfait, la jalousie, sur certaines passions tristes comme la vengeance ou la haine. Dans son film, le cinéaste stigmatise également la misogynie qui n'épargne aucun des protagonistes masculins, en particulier les deux commissaires, jouées par deux acteurs de talent, Pierre Santini et François Maistre, qui ont marqué leur époque. La scène de viol qui clôt le film est édifiante à ce sujet. Le film, une synthèse accomplie du style chabrolien mentionné antérieurement, où l'érotisme sous toutes ses formes occupe une place non négligeable.  

 

Les Innocents aux mains sales (1975)

Les Innocents aux mains sales

 

Nous pourrions résumer succinctement ces quatre films de Claude Chabrol, un très grand cinéaste, vraiment, avec une simple formule : de l'utilité sociale et intime de l'amant(e) pour la pérennité du couple, quelles que soient les configurations, à vos risques et périls, toutefois. Le couple, et ses ramifications névrotiques, demeure la dernière aventure d'un monde devenu ennuyeux à mourir, avec l'infidélité comme roue de secours incertaine, afin d'escamoter les pesanteurs domestiques. A vos amours -avec prudence.

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Les Innocents aux mains sales – Claude Chabrol – Tortillapolis

Les Innocents aux mains Sales. La rencontre des futurs amants.

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Publié dans pickachu

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