A la folie : L'Amour ouf de G.Lellouche (2024).

Publié le par O.facquet

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L'Amour ouf co-écrit et réalisé par Gilles Lellouche, sorti l'an passé, vu hier soir sur Canal+, est le film le plus quasi unanimement assassiné par la critique (acide) ces derniers temps. A grands traits, que raconte-t-il ?

La première partie se déroule dans le Nord de la France au cœur des années 1980. Deux adolescents presque adultes, Clotaire (Malik Frikah) et Jackie (Mallory Wanecque), que tout semble opposer, tombent amoureux (chorégraphie inoubliable sur The Forest des Cure), vivent une passion brûlante, nonobstant des origines sociales et des projets de vie fortement distincts. Jackie, orpheline de mère, vit sous la protection indéfectible de son père (Alain Chabat), tandis que Clotaire, enfant violenté d'une famille modeste sur la brèche, le père a la main leste (Karim Leklou), une maman pourtant protectrice (Elodie Bouchez), se laisse happer par une délinquance de plus en plus périlleuse.

 

L'Amour ouf - Film 2024 - AlloCiné

 

A telle enseigne que Clotaire finit par passer dix années en prison pour un meurtre qu'il n'a pas commis lors d'un braquage qui a dérapé. Il paie à la place du fils du boss (Benoît Poelvoorde, la Brosse), se tait et accomplit sa peine. A sa sortie, le fantôme obsédant de Jackie le hante alors qu'il renoue avec une vie délictueuse en compagnie de ses amis noctophiles de toujours (Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi), histoire d'oublier son amour de jeunesse. Jackie (Adèle Exarchopoulos), de son côté, s'est mariée en désespoir de cause : le philosophe dirait quelle mène une existence inauthentique ; installée dans une vie bien rangée, comme on dit, elle semble avoir tourné le dos à un douloureux passé, un passé qui toutefois ne passe pas, donc la consume. Clotaire (François Civil) cherche à la revoir, en vain. Il en souffre infiniment : sa vie n'a plus de sens. Un être vous manque et tout est surpeuplé. Jackie quitte finalement son mari (Vincent Lacoste), pourtant un bon parti, pour retourner vivre chez son père. Ils finissent par se retrouver : amants inconsolables/aimant permanent. Clotaire et Jackie, apaisés, réconciliés, vivent leur amour en toute légalité dans un calme imposant. Une douceur infinie -jeu subtil des contraires et des contrastes tout au long du film, et non seulement du tape à l'œil.

 

L'amour ouf | cinema-pandora

 

Que disent les fâcheux (excusez votre serviteur) au sujet d'Amour fou, lequel ne mérite pas tant de haine (non mais !) ?

-Direction d'acteur outrée

-Montage à la va-comme-je-te-pousse

-Lumières sales

-Boursouflures urticantes

-Ellipses iraisonnées 

-Indigence crasse

-laideur assumée

-Paresse impardonnable

-Incohérences rédhibitoires

-facilités inexcusables

-Cabotinage récurent

-Une tendresse frelatée 

-Violence gratuite

-Démagogie insidieuse

Pourquoi pas.

 

L'Amour Ouf : l'obsession cinéma de la semaine

 

Ils renchérissent à qui mieux mieux :

-Film interminable

-Longueurs de remplissage

-Dialogues insipides, voire imbéciles

-Ennui coûteux

-Propos fangeux

-Dessein inconsistant

-Laideur crasse

-Infantilisme primesautier

-Grossièreté insoutenable

-Suffisance pénible

-Vide sidérale

-Nihilisme malsain

-Superfluité dispendieuse

-Maniérisme vain

-Pillages sournois

-Souverains poncifs

-Portrait douteux des milieux populaires 

-Le tout vil et veule

 

L'Amour ouf : une fresque cinématographique audacieuse par Gilles Lellouche

 

Pourquoi pas. Qui dit mieux ? Le film aura pris cher, très cher, trop bien entendu. Le public par chez nous, pour autant, ne l'aura pas boudé, malgré des saillies impitoyables, sans concession, à nos yeux injustes et excessives (prendre la liste ci-dessus et en dire tout le contraire : cabotinage jubilatoire, par exemple). Bien lui en a pris. La parole est à présent à la défense, le temps d'un soupir.

 

L'Amour Ouf dévoile sa bande-annonce haletante avec Adèle Exarchopoulos et  François Civil | Premiere.fr

 

L'Amour ouf appartient désormais à la petite famille des grands films d'amour, passionnément. Fous les amoureux fous qui vivent séparés (les égarés) dans ce monde de brutes. Et à l'instar de L'Atalante (1934, Jean Vigo), de La Règle du Jeu (1939, Jean Renoir), des Enfants du Paradis (1945, Marcel Carné), de La Fureur de Vivre (1955, Nicholas Ray), d'À bout de Souffle (1960, Jean-Luc Godard), d'Harold et Maud (1972, Hal Hasby), des Valseuses (1974, Bertrand Blier), de Subway (1985, Luc Besson), de 37°2 le Matin (1986, Jean-Jacques Beinex), de Pulp fiction (1994, Quentin Tarantino), de Titanic (1998, James Cameron), du Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (2001, Jean-Pierre Jeunet), ou d'Astérix mission Cléopâtre (2002, Alain Chabat), entre autres, et quoi qu'on pense au fond de ces films, L'Amour ouf s'inscrit également aujourd'hui dans la lignée des quelques films qui marquent pour toujours une génération. Un grand film d'amour passion -au cœur de la multitude deux êtres se sont trouvés-, sur le rachat, la rédemption, la tendresse, l'espoir et le pardon. Ne pas se laisser tenter serait pécher. Le reste, ce jour, ne serait que papotage superfétatoire. Un mot encore, tout de même : les actrices et acteurs sont géniaux et certaines réparties immortelles. Na ! Sans oublier l'inusable Urgent du rock band Foreigner qui accompagne le générique de fin. A la revoyure.

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L'amour ouf » : on connaît la date de sortie du film, le Normand  Jean-Pascal Zadi à l'affiche - Paris Normandie

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Publié dans pickachu

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