Génie de Pixar (1) : Monstres et Cie, 2001.

Publié le par O.facquet

Monstres et Cie de Pete Docter, David Silverman, Lee Unkrich - (2001) -  Film d'animation

à Françoise Arnoul,

 

Pendant quelques semaines, cet été, écrire régulièrement quelques lignes, quelques mots seulement, sur un film d’animation made in Pixar.

Monstres et cie est le 4e film d’animation en images des Studios Pixar. Sorti en 2001, il a été réalisé par Pete Docter et coproduit par Walt Disney Pictures. Andrew Stanton (Toy Story 1, 2, 3, Le Monde de Nemo, Le Monde de Dory, Wall-E ou 1001 Pattes) est au scénario : un maître.

Monstropolis est une petite ville peuplée de monstres dont la principale source d’énergie provient des cris des enfants. Monstres et Cie est la plus grande usine de traitement des cris de la ville. Grâce au nombre impressionnant de portes de placards dont dispose l’entreprise, un équipe zélée d’élite pénètre dans le monde des humains pour terrifier durant la nuit les gosses, et faire une belle moisson de hurlements en tous genres.

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Où l’on apprend que les enfants ne sont pas si monstrueux que cela (la gamine malicieuse pleine de vie), que les monstres n’ont pas perdu leur âme d’enfant, sur fond d’évanescence de l’espèce humaine (stéréotypée, quand les monstres sont, quant à eux, tout en nuances), comme souvent chez Pixar ; remarquons également que pour Andrew Stanton l’usine est un lieu d’aliénation, est visé plus précisément le monde moderne et son agitation collective consumériste. Nous aurons l’occasion d’en reparler. Disons grossièrement que la manufacture vue de façon systématique par Stanton se présente de la sorte : une firme = autorité = abus de pouvoir = répression = fascisme.

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Un mot encore. Le système abandonne à la toute fin du film l’exploitation douteuse des cris des marmots pour récolter à la place leurs rires, c’est-à-dire l’énergie joyeuse qu’ils produisent. Comment ne pas voir derrière cet abandon, la victoire de l’homo festivus (fustigé jadis par feu Philippe Murray), de la gaudriole généralisée, du plaisir partout et tout le temps, la victoire du “il vaut mieux en rire”, du divertissement comme mode de vie, en somme la défaite de l’autorité parentale,  des parents dont une des missions est pourtant d’apprendre à leurs enfants que l’histoire -l’existence, donc- peut être tragique. Nul doute que Pour Andrew Stanton, le rire n’est pas seulement le propre de l’homme, mais par dessus tout sa raison d’être. A moins qu’il ne s’en inquiète. Ambiguïté équivoque et féconde de la maison Pixar.

Enfin, le film est souvent drôle, bien écrit et subtilement mis en scène. Ce qui, déjà, n’est pas rien.

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Publié dans pickachu

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