Les griffes de l'URSS

Publié le par facquet



Katyn (2009), d'Andrzej Wajda (Danton), veut à la fois rendre compte de la dimension humaine de ce drame qu'a été le massacre de 15000 officiers polonais, représentants de l'intelligentsia la plus noble de ce grand pays, au printemps 1940, sur ordre de Staline (que Poutine cherche à réhabiliter), et de la dimension historique de ce mensonge écrit par les Soviétiques, dont se sont rendus complices les Alliés et le gouvernement polonais communiste d'après-guerre. Katyn est bien sûr une oeuvre sur la lutte incessante pour la mémoire et la vérité.
Wajda est un cinéaste patriote. Qu'est-ce à dire ? Il cherche depuis des lustres à réconcilier son peuple avec lui-même, son passé et les autres. D'où que Katyn exige une forme cinématographique vieillotte, quelque peu académique : un cinéma sans mystère de l'idée-à-faire passer, du rendu, du léché un tantinet illustratif. 
Le fim, toutefois, n'a rien de pompeux : son récit fragmenté, le refus d'une vision édifiante du passé, avec moult morceaux de bravoures et héros positifs exemplaires, en font un film plus compliqué qu'il n'y paraît, le sauvent du poster figé historique (hystérique ?), didactique et indigeste (remember Le Ruban blanc qui n'a rien eu à Hollywood, God bless America). C'est dans la vitesse ultra-rapide que Wajda excelle, celle des corps, ces milliers de soldats tués d'une balle dans la nuque. Là, il époustoufle. Katyn est passé inaperçu (en cause une sortie le premier avril ?). Les crimes communistes émeuvent moins que les interventions militaires asiatiques américaines. Ils bénéficient d'une mansuétude plus que douteuse. Il est à souhaiter que le film trouvera via internet et le DVD son public. Une question : est-il sorti dans une salle de votre ville ? Une autre : à quand un travail cinématographique digne de ce nom sur le goulag ? Cela jette un froid...

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Publié dans pickachu

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