Trouvez Charlie ! Quelques mots au sujet de Charlot.

Publié le par facquet

 Eduthèque - Portrait de Charlie (Charles) Chaplin

 

Charlie Spencer Chaplin fut toute sa vie un nomade (de L'Angleterre à la Suisse, en passant par les Etats-Unis et la France). Né le 16 avril 1889 das un quartier pauvre de Londres, il est le fils de Charles Chaplin et de Hannah Hill, tous deux artistes de music-hall. Sa mère, atteinte d'une maladie mentale, est internée dans un hôpital psychiatrique en juin 1894. Charlie et ses frères sont placés dans la foulée dans un orphelinat. A cinq ans, Charlie Chaplin junior monte sur scène pour remplacer sa mère sans voix. C'est sa première prestation scénique. En 1886, son père plonge dans l'alcoolisme, avant d'y laisser sa peau à l'âge de 37 ans. A partir de 1903, Chaplin obtient une série de contrats au théâtre, et en 1908, il est engagé dans la troupe Karno. Quatre ans plus tard, il s'établit  aux Etats-Unis, où il débute la carrière cinématographique que l'on sait. En 1915 (que de dates !), il entre à la Essanay Film. Il crée le personnage de Charlot, ce qui n'est pas rien, tout de même. En ce temps-là, nous sommes toujours dans le slapstick, un genre codifié où les gags (la tarte à la crème, entre autres) sont répétitifs et les personnages des archétypes hérités de la commedia dell'arte. Il maîtrise parfaitement les lois du genre, mais, rapidement, son génie en transforme les règles. Le monde assiste à la naissance d'une forme cinématographique unique (sous influence...).

Quelles sont les anecdotes intéressantes à propos de Charlie Chaplin ? -  Quora

Prenons Charlot l'émigrant (1917). Ce dernier est sur le pont d'un navire qui transporte des émigrants vers les Etats-Unis d'Amérique. Le bateau passe devant la Statue de la Liberté, à quelques encablures de New York, ville à nulle autre pareille, au moment d'un contrôle des commissaires de l'émigration. Les caméras de l'époque, le poids faisant, ne se déplacent qu'après de lourds et longs efforts. Ici, celle de Chaplin, portée par les flots, entreprend un des travellings les plus célèbres du cinéma : nous découvrons en compagnie des passagers l'inoubliabe monument offert par la France au pays de la Liberté, un monument synonyme d'espoir pour beaucoup (plus de 30 millions personnes quittent la vieille Europe pour l'Amérique au XIX° siècle et au début du suivant), un leurre pour d'autres, mais c'est une autre histoire. Louis Malle s'en souviendra dans son sous-estimé et ambigu Au revoir les enfants (1988) -le regard émerveillé des ados, nous sommes au coeur de Seconde Guerre mondiale, devant l'arrivée des émigrés dans le Nouveau Monde, est inoubliable, une des plus belles scènes de son film-, à l'instar de James Cameron et Rose Dawson à la toute fin du grand Titanic (1997), le regard figé en contre-plongée de Kate Winslet, plantée devant la Statue, parle de lui-même. Charlot participe à un jeu de société pour passer le temps : il jette les dés tel un lanceur de baseball. Imprégnation du rêve américain jusque dans les faits et gestes du quotidien. 

Charlie Spencer Chaplin a retenu les leçons de Griffith : il mêle les plans selon leur "grosseur", et lui chipe le montage parallèle (pas seulement). Faute d'appareils plus maniables, il fait montre d'une inventivité remarquable : il parvient à faire chavirer quelque peu la caméra, le bateau va et vient ainsi au rythme des vagues. Astuce. Une caméra fixe : Chaplin prend le meilleur du mouvement stocké dans les corps enregistrés des acteurs. Le sien en particulier. L'image mouvement, déjà, d'une façon ou d'une autre, malgré les impératifs techniques. Un art d'artisans débrouillards.

Le cinéma ne consiste pas à montrer des images, mais à les articuler. Nette différence. Tout simplement : Comment passer d'une chose à une autre ? Un art du montage, une maîtrise du temps. Au début du siècle précédent, les premiers artifices. Les Frères Lumière et Méliès réunis. En ce domaine, Charlie Chaplin n'a rien à envier au maître hollywoodien dans son Charlot l'émigrant

Si aujourd'hui encore les moins de trente ans ne rechignent pas devant un Charlot en noir et blanc, muet et sous- titré, si l'oeuvre de charlie Chaplin touche toujours des millions de spectateurs de par le monde, c'est peut-être que ce personnage, ce vagabond impénitent, cet émigrant irréductible à toute idéologie et embrigadement, réfractaire à toute forme d'autorité, avec l'errance comme horizon, renvoie chacun à sa propre solitude ontologique.

 of  

 PS : Excellent ouvrage sur Le Dictateur de Chaplin de l'ancien critique des Cahiers du Cinéma Jean Narboni, "Pourquoi les coiffeurs ? Notes actuelles sur Le Dictateur", dédié "A Quentin Tarantino" pour ses "scalpeurs" "....

Un mot encore pour rappeler que par la résolution 46/86 votée par l'Assemblée Générale des Nations Unies le 16 décembre 1991 le sionisme n'est plus assimilé au racisme. Les Palestiniens ont droit à une terre. Soit. En rester à la résolution de 1975 serait mentir, donc ; ça va mieux en le disant.

   Bien à vous

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Publié dans pickachu

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