Bloc-notes pascal

Publié le par facquet

 

 

 

 

1) Les fulgurances de Régis Debray. Nous nous demandions récemment pourquoi aucun grand film sur le goulag n'avait été tourné, de la même façon, l'indulgence dont jouissent aujourd'hui encore les Lénine, Trotski, Castro, le Che et autres bâtisseurs rouge sang de miradors, ne laisse pas de surprendre. L'auteur de Dégagements donne une piste : "La sous-estimation du goulag en occident a tenu pour beaucoup à l'absence de documents visuels. Et la présence contemporaine des camps nazis, aux films, aux photos prises par les Alliés à la libération, dont nous n'avons pas l'équivalent pour le système concentationnaire russe". Bien vu.

 

2) La Vague est un des films préférés d'un grand nombre de lycéens. Après plusieurs visions, il apparait toutefois que le film de Dennis Gansel évoque moins l'expérience d'un prof allemand visant à expliquer à ses élèves, dans le cadre d'un atelier, le fonctionnement d'un régime totalitaire, que le désir sous-jacent d'un retour à l'ordre d'une génération égarée par plusieurs décennies de laxisme post-nazie, et la critique, en creux, de l'éducation permissive parentale. D'où ce sentiment de gêne à l'égard de La Vague : le totalitarisme est bien disséqué, son terreau, une jeunesse laissée à elle-même, sans repère, laisse perplexe, pour ne pas dire plus. Dans Le Ruban blanc, a contrario, l'excès d'autoritarisme est la cause de toutes les violences. C'est à en perdre son latin. Gageons que la vérité est ailleurs. Les pères fouettards du début du siècle passé en Allemagne, tout comme l'indulgence éducative outre-Rhin après la Seconde Guerre mondiale, ne sont pas les fourriers du fascisme : ça serait trop simple.

 

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Publié dans pickachu

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