Blier en deux (4)

Publié le par facquet

Buffet froid

Jeunes, nous l'avons beaucoup aimé. D'où cette incapacité chronique à dire du mal des ses films depuis environ une vingtaine d'années. In petto peut-être. En compagnie de quelques amis, parfois. En public : jamais. C'est un truc que les jeunes auront du mal à comprendre. La nostalgie ? Certainement. Mais pas uniquement. Malgré nos lectures (le sur-moi Cahiers du Cinéma), Calmos en 75, Préparez vos mouchoirs en 76, Beau-père en 81, La Femme de mon pote en 83, Notre Histoire en 1984, Tenue de soirée en 86, Trop belle pour toi en 89, et surtout -quel choc !- Buffet froid en 79, ont autant compté que La Femme d'à côté, Elephant Man ou Shining. La matrice d'une certaine cinéphilie. Pialat viendra plus tard. Décevant ? C'est comme ça. Les Valseuses en 74, c'est une autre histoire. Brigitte Fossey, tripotée salement dans le métro par Depardieu et Dewaere, deux libidineux cauchemardesques, la scène en a rebuté plus d'un, d'une façon rédhibitoire. Synecdoque oblige (on se met à causer ici comme le prince de la parallaxe) : une réelle incapacité à le revoir aujourd'hui encore. Dégoût insurmontable. En parler à un psy, un de ces jours. Quitte à passer pour un béotien, chez Bertrand Blier, la direction d'acteurs unique, l'humour noir surréaliste, l'onirisme singulier, les dialogues insolites, la sensibilité, cette vulgarité jamais grossière, nous ont maintes fois mis sens dessus dessous. Vraiment. A vingt ans, tout le monde ne pas être Jean-Luc Godard. Au risque de surprendre, voire de susciter moult sarcasmes, son travail poussa nombre d'amoureux du cinéma à entrer en cinéphilie, à sortir des sentiers battus, à l'orée des années 198O.

Les Valseuses (un film de Bertrand Blier) - DVD Zone 2

Tout s'est déréglé avec Un deux trois soleil et Merci la vie (exception faite de Mon Homme au mitan des années 90). Des nanars par un anar sans inspiration ? N'exagérons rien. Enfin, réflexion faite, Le Bruit et les glaçons, sorti récemment, n'apporte rien de nouveau. Malheureusement. Le film décolle à deux ou trois reprises, guère plus (à l'image de Combien tu m'aimes ? en 2005). Rester fidèle. Tout de même. Dans l'attente un possible miracle. Qui sait ? Un mot encore pour faire frissonner la cinéphilie consciencieuse. Evoquer un de ces quatre l'émotion ressentie à la première vision de Subway de Luc Besson. Bien à vous.

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Critique Avis NOTRE HISTOIRE de Bertrand Blier | DVD Culture-Tops

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Publié dans pickachu

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