Nixon, le rappel (rétrovision)
Après JFK (1991), Nixon (1995) est le deuxième volet du triptyque d'Oliver Stone (Platoon) sur
les Présidents américains, avant W en 2008. 9 août 1974 : Richard Milhous Nixon (un républicain), le trente-septième Président des Etats-Unis d'Amérique, démissionne -fait unique
dans l'histoire du pays- après des mois d'une valse-hésitation hystérique paranoïde. Les dernières années de la guerre du Viêt-nam, les difficultés économiques, la baisse du dollar, et, par
dessus tout, le scandale du Watergate (voir à ce sujet Les Hommes du Président de Alan Pakula, 1976), auront eu raison de l'entêtement de celui qui clamait haut et fort vouloir
parler au nom de l'Américain moyen, de l'Amérique "silencieuse", une Amérique soudain de nouveau sous le choc (pas uniquement pétrolier). Jimmy carter (un démocrate) va
alors tenter de redorer le blason de sa patrie. Ceci est une autre histoire.
Nixon dépasse en complexité et en inspiration les deux autres volets enquête (de quoi ?). Il partage cependant avec W la
farouche volonté de ne pas offrir un homme en pature à des spectateurs affamés. Nixon et Bush, à tord ou à raison, n'ont jamais suscité l'enthousiasme du côté
de l'internationale progressiste. Et pour cause. Le spectateur venu pour la curée repart Gros-Jean comme devant ; pas de procès à charge. Oliver Stone : un cinéaste, pas un procureur.
Un film n'est pas un tribunal. Oliver Stone n'excuse rien, ni personne. Il permet seulement à des personnages pour le moins controversés de se racheter un temps soit peu le temps d'une
fiction. Un geste humaniste qui inspire le respect. Quand on met en scène un personnage (après tout, personne n'y est contraint), quel qu'il soit, on se doit de lui donner au
moins une chance, aussi ténue soit-elle (vieille morale de Serge Daney). D'autre part, Anthony Hopkins (Nixon), Joan Allen, Ed Harris, Bob Hoskins ou James Wood, sont tous remarquables.
Efficace direction d'acteur. En somme, au risque d'insulter l'avenir, gageons que Nixon restera. Bien à vous.
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