Les Russes tiquent (2)

Publié le par facquet

Le cinéma s'efface ce soir devant l'actualité géopolitique. La rentrée cinématographique attendra. La Russie de l'autocrate sans scrupule Poutine (ex-officier du KGB, l'assassinat d'Anna Politovskaïa, l'empoisonnement du Président ukrainien, le massacre de milliers de Tchétchènes, entre autres) et sa soldatesque post-soviétique occupent ce soir la Géorgie (pillages, destructions massives, exécutions sommaires, viols, tout le toutim) et la une des journeaux, ce dont tout le monde semble se moquer. Du Monde Diplo (docus), jusqu'aux blogueurs de Libé et du Monde, en passant par les frileux du Nouvel Obs, sans oublier les précautionneux de Marianne, les islamo-gauchistes en embuscade, les gaullos-attentistes, les socialos en vacances, les pacifistes bêlants, les fachos éblouis par la force brutale abitraire, les altermondialos de tout poil, les gouvernements de pompistes et de gaziers, les antiaméricains d'instinct, partout on nous invite à beaucoup de prudence, puisque les responsabilités, comme toujours, sont bien sûr partagées, comme dans tout divorce, disent-ils. Ecoeurant. D'autant qu'ils nous ont tous déjà fait le coup, tous azimuts, durant le conflit bosno-serbe. D'où ce ton martial et arrogant que le lecteur compréhensif voudra bien excuser. Encore quelques mots. L'esprit munichois européen dans toute sa splendeur, chacun attendant que quelques soldats américains viennent de l'Orégon mourir pour Tbilissi. Un invariant géopolitique mortifère pour le Vieux Continent, cf. le récent conflit dans l'ex-yougoslavie, pour ne pas à avoir à remonter bien avant. Une crainte : un Sebrenitza géorgien ; l'opportunité néanmoins pour un cinéaste concerné de faire pleurer d'ici peu dans les chaumières ; pour les journalistes oublieux, la possibilité de bientôt faire un bon papier, de réaliser un reportage qui marqueront les esprits. Les politiques participeront chaque année à des cérémonies commémoratives émouvantes. De l'abjection. Au lit avec quelques lexomil. Honteux. Merci à André Glucksmann et Bernard-Henri Lévy, nos deux sémillants doxosophes, pour leur article éclairant, coruscant même (na !), cette semaine dans Libération. Le réveil dominical sera  peut-être ainsi moins douloureux. On ne sait jamais.        of
Publicité

Publié dans pickachu

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article