Une affaire de famille : La Guerre des mondes de Steven Spielberg

Publié le par O.facquet

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En 2005 Steven Spielberg adapte à l'écran La Guerre des mondes. Le film est l'une des quatre adaptations cinématographiques du roman éponyme de H.G.Wells paru en 1898.

Ray Ferrier (Tom Cruise), cariste de son état, est un père divorcé installé dans le New Jersey, en banlieue de New York. Un matin, son ex-épouse, flanquée de son nouveau conjoint, lui confie le temps de quelques jours la garde de leurs deux enfants ; madame est enceinte d'un troisième. Robbie est un adolescent ombrageux, acariâtre, un brin agressif, quant à sa petite sœur Rachel, c'est une gamine aimante, futée et mature, tout à la fois. Le soir même des phénomènes étranges perturbent l'emploi du temps des habitants du quartier. Le ciel s'obscurcit, le vent souffle fort, soudain un violent orage éclate et provoque des éclairs électromagnétiques qui mettent à l'arrêt tous les véhicules motorisés.

 

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Au moment même où le calme semble revenu, sort du sol une armée de tueurs tripodes extraterrestres détruisant tout sur son passage : les êtres humains sont désintégrés dans le plus grand des chaos. Ce faisant, Ray et ses enfants sont plongés dans un profond cauchemar. C'est un film efficace, froid, ouvert à de nombreuses lectures, qui témoigne de la lutte de l'humanité pour sa survie. La direction d'acteurs est irréprochable (Tim Robbins, parfait), à l'instar du scénario, le travail sur le son est d'une grande qualité comme toujours chez Spielberg, et les effets spéciaux sont spectaculaires. La mise en scène est remarquable : la séquence qui voit la tentacule d'un tripode fouiller une cave où est cachée notre famille en déroute est à couper le souffle. Une séquence d'une rare sobriété où l'art du suspens au cinéma est à son meilleur. Tout cela est connu. Un mot encore. Quand le bateau est attaqué par un tripode déchaîné, la débauche de moyens déployée par Spielberg, la durée de la séquence, l'énergie mise à la filmer, le clin d'oeil appuyé à Titanic, laisser penser que le cinéaste tient à rappeler à James Cameron le nom du taulier, pour mémoire.  

 

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Le Meilleur des mondes est également en creux un coup de griffes à la politique irakienne de G.W.Bush. Au tout début du film l'on apprend que le fils a un exposé à terminer sur l'occupation française de l'Algérie. Un protagoniste glisse dans une discussion qu'une occupation étrangère n'aboutit jamais à rien de bon. Les extraterrestres sont vaincus car l'humanité est un organisme qui rejette comme il se doit tout corps étranger pathogène. L'armée US en prend pour son grade. Spielberg sera un des rares artistes à participer aux festivités lors de l'investiture de Barack Obama le 20 janvier 2009.

Par dessus tout Le Meilleur des mondes est un film sur la famille, un des sujets de prédilection du cinéaste américain. Ray est un adulescent. L'éducation de ses enfants n'a certainement pas été une de ses préoccupations premières. Il ne connaît pas grand chose au quotidien des deux gosses. Quand ils arrivent chez leur géniteur, le réfrigérateur est désespérément vide. Rachel doit seule commander de quoi nourrir la famille. Le ménage demanderait deux années de travail. La partie de baseball tendue entre père et fils révèle l'étendue du désastre : ils se renvoient violemment la balle en vain. Si le film est un parcours d'apprentissage semé d'embûches pour Robbie et Rachel, il l'est autant pour leur père qui apprend deux heures durant à le devenir et y parvient. Une séquence est exemplaire : au cours de leur fuite, au cœur de la débandade, Ray cherche à retenir son fils qui veut partir en découdre avec les tripodes aux côtés des forces armées américaines malmenées. Rachel, esseulée, est prise en main par deux adultes bienveillants. Ray lève la tête, aperçoit sa fille, coure la retrouver après avoir laisser Robbie partir à l'aventure. Des racines et des ailes : une fonction parentale acquise de haute lutte. Un peu plus tôt, à la question posée par sa fille : « On va s'en sortir papa ? », ce dernier répond maladroitement : « Je ne sais pas ». Ils reviennent tous de loin.

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Revenons à la séquence de la cave. Pour tromper l'ennemi extraterrestre, Ray use d'un miroir (des Vanités ?). Le stratagème fonctionne : la tentacule recule. Ce qui servait à réfléchir son narcissisme égoïste devient une arme pour sauver sa fille. Le stade du miroir revisité. La glace peut être pourvoyeuse d'illusion, elle est aussi un outil de connaissance.

La dernière séquence du film voit la famille enfin recomposée -ou presque. Le fils tombe dans les bras du père. Soit un homme papa ! Rachel saine et sauve retrouve sa mère. Mission accomplie. Les ex-beaux-parents (joués par les principaux acteurs de l'adaptation cinématographique des années 1950), debouts sur le perron de leur maison bourgeoise bostonienne, sont fiers pour la première fois de celui qui fut leur gendre. Tout rentre dans l'ordre. Famille je vous aime ?

 

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Publié dans pickachu