Casse-tête électoral

Publié le par O.facquet

 

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Le visage pâle d'un homme entre deux âges se détache à la droite (pour le lecteur) d'un rectangle noir d'où il semble procéder. À gauche ce texte sommaire en forme d'interpellation : « Macron veut passer en force pour réformer le code du travail. Ça vous rappelle quelqu'un ? ». Un effort de remémoration est exigé de notre part. Le citoyen avisé aura reconnu Emmanuel Macron, candidat à la présidence de la République et Manuel Valls, Premier ministre jusqu'en décembre dernier. Ce dernier a utilisé l'article 49.3 de la Constitution pour faire passer à l'Assemblée nationale le texte du gouvernement sur la loi-travail. La vraie gauche est descendue dans la rue à maintes reprises pour qu'on arrête de se payer sa tête.

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Incarnate  (2017) de Brad Peyton

Le côté droit de notre portrait composite est celui d'Emmanuel Macron, c'est le côté extérieur de la personnalité, le côté gauche est celui de Manuel Valls, la partie intérieure et profonde. À le (les ?) dévisager, si l'on envisage de voter, c'est chercher à connaître le vrai visage du candidat, autant que son projet, dans la mesure où un visage avenant doit incarner la sincérité des argumentaires et autres promesses de l'impétrant. En somme : il doit tomber le masque, se mettre à nu, pour ne pas perdre la face. Faire face. Le double visage n'augure rien de bon : trahira-t-il ses promesses ? Qui nous dit que ce politique qui réclame nos suffrages n'est pas le jouet de forces obscures qui le manipulent telle une marionnette ? Il s'agit de dé-masquer sa possible duplicité, la traquer sur un visage innocent, afin qu'elle finisse par sauter aux yeux. Le dangereux visage de la trahison qui hante le camp progressiste depuis sa naissance : les procès en trahison furent et restent légion -les fameux socio-traîtres. Une figure imposée. Qu'il montre donc son propre visage, s'il en a un ! Le comminatoire : "Regarde-moi en face !". A moins qu'il ne soit possédé, habité par le démon à l'insu de son plein gré. C'est ce que suggère l'image manipulée susmentionnée. Le diable -celui qui brise l'unité des choses- qui dévore Emmanuel Macron par la droite (ce n'est pas fortuit), n'est autre que Manuel Valls -d'où ce fond sombre en arrière plan-, un brun ténébreux revenu des enfers afin de commettre quelque maléfice. Le mal est fils de ce père fouettard social-libéral, en un mot : un monstre. Ce faisant, le visage par son asymétrie est monstrueux. L'un et l'autre, paraît-il, ont défiguré la gauche en amont et en aval. Une histoire fleuve. Offrir en spectacle ce visage divisé, c'est émettre un doute sur l'intégrité du compétiteur, ici menacée par son double malveillant : un ennemi intérieur. Il n'a pas les yeux en face des trous. L'histoire de la peinture n'est pas avare de ce type de représentation. Pablo Picasso représente en 1937 le visage de Dora Maar partitionné de face et de profil, suggérant le déséquilibre psychologique du modèle (Voir ci-dessous).

On peut le voir différemment. En Macron sommeille un mauvais génie prêt à tout moment à nous sauter à la figure. Il s'agit d'envoyer valser ce candidat bipolaire en qui il est en fin de compte inenvisageable d'accorder sa confiance. Qui plus est, ne souffre-t-il pas d'une dégénérescence faciale, d'une hémiplégie de la partie gauche du corps ? Le candidat trouverait alors sa place dans la petite famille des malades qui nous gouvernent. L'inquiétante étrangeté de l'image confectionnée par le Mouvement de la Jeunesse socialiste dit quelque chose de l'état de décomposition avancée de la gauche démocratique française : l'auto-dévoration ainsi affichée rappelle les films d'horreur où un alien (Macron, étranger à la gauche ?) prend possession d'un humain, pour n'en faire qu'une bouchée (Macron : un aliéné ?). Deux gauches qui ont sinon du mal à se voir en peinture, du moins quelques difficultés à s'encadrer (une entre-dévoration ?). On ne joue pas innocemment toutefois avec les signes (et la peur), et il est à craindre que l'atmosphère anxiogène et violente (le passage en force) lancée à la face du spectateur ne revienne en boomerang à la tête de son concepteur. Elle pré-figure dans ce cas un retour du refoulé. Réapparaissent souvent les fantômes de ceux qu'on croyait s'être définitivement débarrassé. Ça vous rappelle quelqu'un (ou quelque chose) ?

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Publié dans pickachu