Fort de café !

Au risque d'escagasser la politicocinéphilie tourangelle néostalinienne, il n'est pas interdit de penser (en tout cas ici... et ailleurs, là, rien n'est
moins sûr !) que la série télévisée française Caméra Café (même dispositif que dans Ten de Kiarostami) en 700 épisodes de 3 minutes, créée par Bruno Solo,
Yvan Le Bollo'ch et Alain Kappauf, rediffusée tous les soirs sur Paris Pemière dès 19h30, en dit plus sur l'homme moderne occidental (nos jois, nos peines, nos
lâchetés, etc.), l'homo economicus en somme, c'est-à-dire nous-mêmes, que tous les Ruban Blanc du monde, film boursouflé, vain et prétentieux.
Certains l'ont dit et écrit, de Politis aux Cahiers du Cinéma, entre autres, des voix et des plumes se sont levées pour dénoncer la supercherie, et
qu'il ait reçu récemment le prix attendu du meilleur film européen 2009 ne changera rien à l'affaire. Il y a dix ans maintenant, La vie est belle de
Roberto Benigni avait séduit le public et une partie non négligeable de la critique et de la cinéphilie consciencieuse. Ne pas l'aimer, le dire, l'écrire, c'était prendre
le risque de se faire ostraciser. Au mieux, de passer pour un goujat. Ce fut le cas. Rien de grave : les risques du métier. Aujourd'hui encore, cette oeuvre reste une
ignominie, quand Train de vie (1997) de Radu Mihaileanu, passé inaperçu, ou presque, à l'époque, en remontrait à tout le monde sur la morale au cinéma. Sur l'art du
conte, aussi. Un peu de polémique ne fait jamais de mal. Jean-Claude Convenant est plus inquiétant que l'armada des croquemitaines filmée par l'intouchable Haneke, flanqué de sa garde
prétorienne, ceux-là mêmes qui auraient conspué Truffaut et sa bande, lorsqu'ils défendaient Renoir, Hitchkock et Hawks contre Wyller, Delannoye (le bien nommé) et consorts -
restons polis-, quand ces cinéstes n'étaient pas à la mode, tant s'en faut. On ne peut pas plaire à tout le monde. Juste une mise au
poing. Comprenne qui voudra. Les ayatollahs du Septième art ont de beaux jours devant eux. Revoir si le coeur vous en dit Les Enfants de
Hitler (inspiré de l'oeuvre de Gregor Ziemer) de Edward Dmytryck (1943) -éthique du cinéma américain : Rambo et con à la fois ? Non ! Nonobstant Connard le
Barbant, et encore... Les Enfants de Hitler, un travail (une commande, en fait) bancal, naïf, et inégal, mais honnête, loin des rodomontades
pseudo-métaphysiques esthétisantes du film de l'année, Le Ruban blanc. Comme la neige qui tombe au moment-même sur notre belle Touraine. Le débat (déballage ?) continue. Rien de
definitif, bien sûr. Dire du mal bientôt du dernier Michael Moore : Capitalism, a love story. Histoire de se faire de nouveaux amis avant la nouvelle année, et de gâcher un
temps soit peu les réjouissances festives des ayatollahs de tous poils. Défendre à tout prix Vincere de Marco Bellocchio. Une pensée pour Barack Obama et Ségolène
Royal. Bises. Plein de bonheur. Que vive l'insolence !
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