Dimanche 1 février 2009
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Papy fait de la résistace (1983, de Jean-Marie Poiré, d'après une histoire originale de Christian Clavier et Martin Lamotte), avec ses 1 500 000 entrées, est l'un des plus
gros succès du cinéma français. La distribution explique en partie le phénomène : dans le désordre, Michel Galabru, Christian Clavier, Gérard Jugnot, Martin Lamotte, Jacqueline
Maillant, Dominique Lavanant, Jacques Villeret, Josiane Balasko, Bernard Giraudeau, Jean-Claude Brialy, Michel Blanc, Jean Carmet, Pauline Lafont, Thierry Lhermitte, Jean Yanne, Roland Giraud
(inoubliable Général Spontz), Jacques François, Roger Carel, Julien Guiomar... C'est tout dire. Une liste à la Prévert. Ils sont tous irréprochables. Plus une répartition démocratique et
sans douleur des apparitions de chacun. Ce n'était pas gagné d'avance.
Paname 1940 : les Bourdelle, musiciens virtuoses notoires, refusent de jouer devant les nazis. En 1943, leur hôtel particulier est réquisitionné pour accueillir le Général Spontz. La cohabitation
est houleuse. Elle est d'autant plus difficile que l'un des membres de la famille n'est autre que le
"Super-Résistant". La suite vaut sérieusement le détour, vu que
Papy fait de la résistance est d'une redoutable drôlerie, sans jamais tomber dans le mauvais goût,
paradoxalement. Le comique de situation fonctionne à plein régime, même
s'il s'essouffle un peu vers la fin. Quant aux dialogues, ça déménage. La troupe du
Splendide -elle s'est auparavant illustrée en 78-79 dans les
Bronzés de
P.Leconte et dans
Le Père Noël est une ordure, 1982, de J.M.P., déjà-, plus quelques pointures confirmées de notre cinéma national, et le tour est joué. Un bémol cependant.
D'accord, le film s'attaque assez adroitement aux images d'Epinal jusque-là majoritairement véhiculées sur la Résistance et la collaboration par le cinéma français. Il évite, et ce n'est pas
rien, le
"Tous pourris" , style
Uranus de feu Claude Berri. Soit. Malheureusement, une nouvelle fois, de
La Grande vadrouille (1966, Gérard
Oury, très bien), jusqu'à
Papy, en passant par
La Septième Compagnie ou
Opération Lady Marlène (73-78, Robert Lamoureux)
voire
Le jour de Gloire (Jacques Besnard, 1976), force est de constater qu'ils le font en gommant systématiquement le tragique de l'Occupation (en particulier la déportation
des Juifs de France) à travers des oeuvres vaudevilesques parfois réussies (protéger le spectateur de la cruauté du monde ou/et ne pas effrayer le client ?). D'où un deuil impossible, un passé qui
ne passe pas : une zone d'ombres recouvre ces
Années Noires de notre histoire. La vie politique française s'en fait de temps à autre l'echo ad nauseam. Malsain et peu ragoûtant. Un
film grave et grand-public sur le sujet est sans conteste envisageable, trente ans après la sortie de
L'Armée des ombres de Jean-Pierre Melville et de
Lacombe
Lucien de Louis Malle (sans oublier son
Au Revoir les enfants, autobiographique, en 1988).
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