Jusqu'à ce que la mort nous sépare

Publié le par O.facquet

 

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Noces (2016) est un film mis en scène par le cinéaste belge Stephen Streker. Une jeune lycéenne belge majeure d'origine pakistanaise, la séduisante Zahira, subit la tradition familiale : convoler en injustes noces avec un mari que les siens auront choisi à sa place. Croyante (elle est musulmane) mais libre, imprégnée par la culture occidentale dans ce qu'elle a de plus émancipatrice, la jeune fille entre en conflit avec sa famille, entre autres avec son père. Le frère l'abat froidement. Fin du film. L'honneur du clan est sauf. Et là, la critique (plus précisément une partie) s'en donne à cœur joie. Toutes les lâchetés, les renoncements, les hypocrisies et la couardise de l'époque font surface.

 

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Les faux-culs : « Noces n'est pas un pamphlet. C'est un constat. Un effroyable constat d'échec ». Un échec pour la critique ? Peut-être. Noces, une bleuette légère, gentille et sans prétention ? Les femmes apprécieront. Les faux-culs, en forme décidément : «L'un des aspects les plus remarquables du film tient à la justesse des distances à laquelle se tient Stephen Streker ». Respecter le minimum syndical consiste à donner une chance à tous les personnages. Soit. De là à ne pas prendre parti, c'est un pas que ne franchit pas le metteur en scène. Notre journaliste préfère quant à lui rester au milieu du guet. C'est son choix. Les femmes apprécieront. Le meilleur pour la fin, et du lourd : « La force de Noces est de respecter le ressenti de tous, sans juger, ni condamner. On en sort profondément troublé ». Troublé écrit-il. Ben voyons. Une jeune fille qui veut vivre, et vivre libre, est assassinée par son grand frère, au prétexte que celle-ci veut rester maître de son destin. Condamner le geste ? Vous n'y pensez pas. Vous ne seriez pas vallsien par hasard (au mieux !) ? Il s'agit d'apprécier à sa juste valeur le raccourci abjecte du plumitif hors sol. Les femmes apprécieront.

 

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La démission drapée dans une rhétorique creuse se déguste avec modération : « Une Antigone d'aujourd'hui » (au sujet la gamine occise), et dans la même veine : « Stephen Streker n'a pas conçu Noces comme un film porté par un message politique, mais pour explorer la part de tragédie grecque des mariages arrangés, parfois destructeurs de familles ». La tragédie grecque a bon dos : regarder ailleurs pour ne pas voir ce qui se passe ici. Le parfois est en outre un symptôme sidérant. La Bataille d'Alger (1966) de Gillo Pontecorvo : un film sur la difficile cohabitation entre les pieds-noirs et la population musulmane d'Algérie dans les années 1950 ? Surtout : un implacable brûlot sur la politique coloniale française d'après-guerre. Ceux-là mêmes qui voient souvent de la politique partout se désengagent curieusement quand le sujet les déstabilise. Suivez mon regard. Les femmes apprécieront. Un « sujet sensible » (sans blague ?), une œuvre « ultrasensible » peut-on lire. En d'autres termes : il est urgent de ne pas prendre position et d'enfiler des banalités en forme de débandade, du genre : « Un drame bouleversant et une belle révélation » (l'actrice Lina El Arabi), ou « un film coup-de-poing ». Pas sûr du reste que la dernière formule soit bien appropriée. La religion quand elle opprime ? Connais pas.

D'autre part, Alice de Lencquesaing et Olivier Gourmet sont formidables. Un film humaniste porté par une saisissante colère (projeté actuellement au cinéma Les Studio à Tours). Nous en sommes las. Une œuvre d'art ne peut pas tout.

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Publié dans pickachu